Objets d'art

Histoires d’ivoires

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 11 octobre 2007

Le Musée du Louvre dévoile les multiples techniques qu’offre cette matière précieuse d’origine animale.

PARIS - Depuis le IVe millénaire avant notre ère jusqu’au début du XXe siècle, en passant par l’Orient romain, l’Égypte copte, le monde islamique médiéval ou l’Occident gothique, le Musée du Louvre révèle les multiples aspects de l’ivoire. Plus exactement des ivoires, ces matières d’origine animale qui comprennent aussi bien les défenses de l’éléphant, la canine de morse, la dent d’hippopotame ou le bois de cervidé que l’os... Un matériau d’une grande richesse, donc, traité selon différentes techniques à travers le temps. En témoignent le Panneau ajouré égyptien (Moyen Empire) en bois et os, une Poupée articulée (seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C.) réalisée en coquille, ou l’élément de meuble figurant un Sphinx au visage de roi asiatique (milieu du IIe millénaire av. J.-C.) en ivoire d’hippopotame. Issues des collections du Louvre, les œuvres sont présentées selon un parcours chronologique didactique. Matière précieuse réputée pour sa beauté et sa pureté, « l’ivoire vrai » a permis de réaliser des pièces d’une grande minutie à l’image de cette Pyxide (Espagne, vers 970) figurant une scène de chasse. Aussi, une statuette représentant l’Ange de l’Annonciation, (Paris, v. 1280-1300), comprend quelques restes de polychromie, tandis que d’incroyables feuillets de tablette à écrire sont, entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe, entièrement sculptés en ivoire d’éléphant. À cette époque, Paris devient un centre important de l’ivoirerie : diptyques et triptyques religieux, statuettes, coffrets, valves de miroir, gravoirs et manches de couteau y sont réalisés. Les siècles suivants verront s’épanouir la créativité des artistes jusqu’à la fin du XIXe, qui produit des pièces comme le Médaillon de Sarah Bernhardt (1895) par René Lalique. Cette exposition-dossier inaugure une nouvelle série que le Musée du Louvre dédie à l’étude des matériaux et techniques.  Les faïences seront à l’honneur en 2005, avant les plâtres et stucs en 2006.

IVOIRES. DE L’ORIENT ANCIEN AUX TEMPS MODERNES

Jusqu’au 30 août, Musée du Louvre, aile Richelieu, 75001 Paris, tél. 01 40 20 53 17, www.louvre.fr, tlj sauf mardi, 9h-17h30 et 21h30 le mercredi. Catalogue, RMN, 192 p., 43 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°197 du 8 juillet 2004, avec le titre suivant : Histoires d’ivoires

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