Bords de Seine

Histoire d’une colonie d’artistes

Le Journal des Arts

Le 2 août 2007 - 469 mots

Le Musée d’art américain de Giverny revient sur ce village devenu un haut lieu de l’impressionnisme.

GIVERNY - L’idée d’associer la commune de Giverny, dans l’Eure, à un foyer d’impressionnistes américains dont l’épicentre serait Claude Monet se trouve nuancée par l’exposition organisée actuellement par le Musée d’art américain de Giverny. À l’occasion de son quinzième anniversaire, l’institution se penche sur ce centre artistique qui, trois décennies durant, séduisit près de trois cent cinquante artistes français et étrangers. « Parmi les artistes qui viennent à Giverny entre 1885 et 1915, la plupart sont originaires des États-Unis, mais il y a aussi des Australiens, Canadiens, Anglais, Argentins, Allemands, Polonais […]. La présence de Monet les attire, mais ne suffit pas à expliquer leur engouement pour Giverny», précise en préambule du catalogue Katherine M. Bourguignon, conservatrice adjointe au musée givernois. En témoigne le tableau inaugurant la manifestation, Jour d’été en Normandie (1879), peint par la Finlandaise Julia Stigzelius-de Cock avant même l’arrivée de Monet à Giverny en 1883. Ce petit village connaît une telle notoriété dans le milieu artistique que, de six artistes qui y sont installés en 1887, il en accueille une cinquantaine de plus dès 1890. La lumière si particulière de la région d’abord, puis la vie sociale et artistique du lieu, semblent envoûter les nouveaux arrivants, formant une communauté qui se développe indépendamment de la figure de Monet. Victime de son succès, le village est synonyme, dès le début des années 1900, d’impressionnisme et n’attire plus d’artistes novateurs.

Monet au cœur
Après un travail de plusieurs années pour répertorier les artistes et leurs tableaux, le musée est parvenu à rassembler quatre-vingts œuvres (dont un tiers est issu de la Terra Foundation for American Art, Chicago, Illinois), mais aussi des documents d’archives tels que de nombreuses photographies et les registres de l’hôtel Baudy, résidence des premiers peintres.
Le parcours s’articule autour de quatre grands thèmes placés sous le spectre de Monet, source principale d’inspiration pour les pionniers de la colonie, parmi lesquels Theodore Robinson et Willard Leroy Metcalf. Le travail du peintre français est au cœur de toutes les recherches. Ainsi, les Études d’un jour d’automne (1891), de John Leslie Breck, rappellent, sans les plagier, les séries de meules monetiennes. Peu à peu, les peintres s’affranchissent du rayonnement de l’artiste et les styles s’éloignent de l’impressionnisme. Ainsi Will H. Low se rapproche-t-il, d’un style académique avec ses personnages à la grecque dans Interlude : le jardin de MacMonnies (1901). Le foisonnement des débuts s’assagit et fait bientôt place au cliché tandis que Monet se replie peu à peu dans son jardin.

GIVERNY IMPRESSIONNISTE. UNE COLONIE D’ARTISTES 1885-1915

Jusqu’au 1er juillet, Musée d’art américain Giverny, 99, rue Claude-Monet, 27620 Giverny, tél. 02 32 51 94 65, tlj sauf lundi, 10h-18h, www.maag.org. Catalogue, éd. Réunion des musées nationaux, 219 p., 49 euros, ISBN 978-2-7118-5323-6.

GIVERNY IMPRESSIONNISTE

- Commissaire d’exposition : Katherine M. Bourguignon, conservatrice adjointe du musée - Nombre d’œuvres : 80

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°257 du 13 avril 2007, avec le titre suivant : Histoire d’une colonie d’artistes

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