Dimanche 25 octobre 2020

Art moderne

Herbin enfin !

Musée départemental Matisse - Jusqu’au 3 février 2013

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 9 novembre 2012 - 383 mots

LE CATEAU-CAMBRÉSIS

Enfin une grande rétrospective Auguste Herbin (1882-1960) ! Artiste aujourd’hui quelque peu oublié, Herbin occupe pourtant une place majeure dans l’histoire de la peinture du XXe siècle.

Né dans le Nord de la France, il entre à l’école des beaux-arts de Lille en 1899 et s’installe définitivement à Paris en 1901. Post-impressionniste à ses débuts, il ne tarde pas à s’enthousiasmer pour l’œuvre de Van Gogh. Quai du port de Bastia (1907) témoigne d’une audace extraordinairement libre et enjouée proche du fauvisme.

À partir de 1908, influencé par Cézanne, Herbin s’engage dans un cubisme haut en couleur. Paysage (1908) atteste d’une violente recomposition des volumes soutenue par une tout aussi vigoureuse réinterprétation des surfaces colorées. Évoquant cette période, au risque de choquer les historiens d’art, il ne serait pas aberrant de parler d’un « cubisme fauve ». Il participe à de nombreuses expositions internationales (en 1912, « Die Sezession une der Blaue Reiter » à Berlin et « Sonderbund » à Cologne ; en 1913, « The Armory Show » à New York). Il amorce au début des années 1920 un retour à la figuration, un « retour à l’ordre » qu’il n’aimera pas évoquer par la suite. Suit une période hésitante, où il renoue avec la stylisation sans renoncer à toute figuration.

À partir de 1926, Herbin tranche : il sera un peintre abstrait, absolument et totalement abstrait, sans concession. Il fonde en 1931, avec Vantongerloo, Van Doesburg, Hélion, Arp et Kupka, le mouvement Abstraction Création. Les années 1940 et 1950 voient le développement et l’aboutissement d’une œuvre d’une grande radicalité. Il invente un « alphabet plastique » établissant des correspondances entre lettre, forme, couleur et son. Président du salon Réalités nouvelles de 1946 à 1955, proche de la toute jeune galeriste Denise René, il aura une grande influence sur les artistes cinétiques et sur tous ceux qui mèneront des recherches sur la couleur et l’abstraction géométrique.

Noël (1949) ou Saut II (1958), magnifiquement disposés dans l’exposition sur des cimaises de 5 mètres de hauteur, témoignent de la puissance et de la radicalité de l’un des pionniers les plus exigeants de l’abstraction géométrique.

Voir « Auguste Herbin, 1882-1960 »

Musée départemental Matisse, palais Fénelon, Le Cateau-Cambrésis (59), www.cg59.fr

Puis au Musée d’art moderne de Céret du 2 mars au 26 mai 2013.

Voir la fiche de l'exposition : Rétrospective Auguste Herbin

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°652 du 1 décembre 2012, avec le titre suivant : Herbin enfin !

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