Helen Levitt

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 2 novembre 2007 - 257 mots

Parmi les photographes, les « enfants » d’Henri Cartier-Bresson sont nombreux. Helen Levitt, 94 ans en 2007, ne dira pas le contraire. Exposée à la fondation HCB à Paris, la New-­Yorkaise vient à la photographie en 1932, à la suite de sa rencontre décisive avec le maître, qui lui transmet l’amour du Leica et de la rue.
À Brooklyn, où elle est née, comme à Harlem, les gamins sont rois. Ils chahutent, se déguisent, se défient. Bref, ils singent les adultes. Les murs portent leurs graffitis gravés à la craie. Ce théâtre de l’enfance, Helen Levitt le capture inlassablement, en noir et blanc, avec le même souci du cadrage serré, comme pour filtrer toute critique sociale. De New York, on ne perçoit ainsi que l’asphalte et quelques marches. Ici et là un angle de mur. À l’inverse de Weegee à la même époque, la photographe ne dénonce pas la vie dans les quartiers populaires. Il ne s’agit pas de reportage mais, pour citer un journaliste américain, d’un art de « l’accident poétique ». L’art de Cartier-­Bresson était de « l’instant décisif ». Quelle différence au fond ?
À partir des années 1960, Helen Levitt arme son appareil de pellicules couleur. Son regard demeure, tendre mais sans complaisance. Les gosses, moins nombreux, ont grandi. Les faciès sont grimaçants, les gestes absurdes ; les habitants jouent une pièce prosaïque. Helen Levitt est une sorte de Doisneau à l’américaine. La nostalgie en moins. La couleur en plus.

« Helen Levitt », fondation Henri ­Cartier-Bresson, 2, impasse Lebouis, Paris XIVe, tél. 01 56 80 27 00, jusqu’au 23 décembre 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°596 du 1 novembre 2007, avec le titre suivant : Helen Levitt

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