Guillaumin, pastelliste et paysagiste

À Lausanne, plus de cent vingt peintures, pastels et gravures

Le Journal des Arts

Le 1 septembre 1996

Forte d’œuvres majeures en provenance des musées, l’exposition lausannoise est organisée surtout grâce à de nombreux prêts de collections privées.

LAUSANNE - La grande surprise de cette rétrospective vient du grand nombre d’œuvres d’Armand Guillaumin (1841-1927) en mains privées. L’exposition de Lausanne, qui reprend en partie l’importante présentation du Wallraf-Richartz-Museum de Cologne organisée en avril dernier, a pu compléter l’ensemble grâce à des prêts en provenance de la région du Léman, tel cet autoportrait de 1910 arrivé le jour du vernissage.

L’Hermitage offre un parcours essentiellement chronologique et tente de revaloriser un peintre dont les œuvres, de qualité parfois inégale, sont appréciées pour leur sensibilité, particulièrement dans le rendu des paysages et la technique du pastel. Très lié à Pissarro et Cézanne, il participa au premier Salon des Refusés en 1863, bien que ses premiers travaux conservés datent de 1865. L’ex­po­sition montre deux pièces de cette période : un pastel qui révèle son attirance pour les vues des bords de la Seine et les ponts, ainsi qu’une huile, un portrait de Pissarro. Par la suite, il n’utilisera le portrait que pour représenter presque exclusivement sa famille.

Le pont de la Marne à Joinville (1871) et L’Aque­duc à Arcueil (1874), prêtés par le Metropolitan de New York et l’Art Institute de Chicago, œuvres fortes de l’exposition, illustrent parfaitement le motif récurrent du pont dans le paysage.

Annonciateur du Fauvisme
Les amitiés du peintre sont aussi évoquées par la propriété de certaines toiles, tel ce Paysage d’automne (1876) ayant appartenu à Gauguin, l’un des rares grands formats connus d’Armand Guillaumin. Son amitié avec le docteur Paul Gachet, collectionneur et artiste amateur, lui a permis d’expérimenter les techniques de la gravure. Il grave ainsi sa première plaque en 1873 et a réalisé une vingtaine d’eaux-fortes, des vues de Paris et de la banlieue, destinées à une publication de l’épo­que. C’est pourtant en tant que pastelliste qu’il excelle et qu’il se montre le plus sensible.

Même si Guillaumin s’intéresse à toutes les activités et les petits métiers qui animent les bords de Seine, c’est le paysage qui le séduit particulièrement. Guil­laumin se sent de plus en plus fasciné par l’aube et le crépuscule, comme en témoigne Les Bréjots, premiers jours de mai, le matin (vers 1917). Les problèmes de lumière cèdent la place à un souci croissant de la couleur. Les compositions s’écartent des problèmes caractéristiques de l’Impres­sion­nisme pour parvenir à des effets de coloris plus éloquents, annonciateurs du Fauvisme, telles les vues de la baie d’Agay.

ARMAND GUILLAUMIN 1841-1927, jusqu’au 20 octobre, Fondation de l’Hermitage, route du Signal 2, Lausanne, tél. 21 320 50 01, tlj sauf lundi, 10h-18h, jeudi 10h-22h. Catalogue, 200 p., éd. La Bibliothèque des Arts, 48 FS.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°28 du 1 septembre 1996, avec le titre suivant : Guillaumin, pastelliste et paysagiste

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