Giorgio de Chirico : une exposition à la Galerie Nationale de Rome

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 mai 1994 - 551 mots

La collection du fonds du musée d’art moderne de Rome est présentée avec l’aide de la Fondation De Chirico.

ROME - La Galleria Nazionale organise une exposition consacrée à Giorgio De Chirico, jusqu’au 22 mai prochain. Le titre choisi par Lidia Velani, "De Chirico dans les collections de la Galleria Nazionale", ne permet pas de comprendre qu’il s’agit de 24 œuvres offertes par la veuve de l’artiste, Isabella Pakszwer, ainsi que de 30 tableaux et 5 sculptures provenant de la Fondation "Pictor optimus". En dépit de l’inclusion de deux exemples de la période prémétaphysique, le Combat des Lapithes et des Centaures, de 1909, et le Portrait de la mère de l’artiste, de 1911, – la Galerie et la Fondation ne possédant pas d’œuvres de la période métaphysique –, ce sont des tableaux de sa production des années vingt jusqu’à la fin de sa vie qui sont présentés.

L’exposition comprend la Femme enceinte (d’après Raphaël) de 1920, les Archéologues de 1927, de nombreux portraits, dont l’Autoportrait nu et assis de 1945, plusieurs Muses inquiétantes et les Bains mystérieux des années soixante. Seuls témoignages de l’époque métaphysique : cinq dessins de la collection Mario Broglio, datés de 1916 à 1918. On devrait voir Hector et Andromaque (1923), de retour du Japon, où vient de se tenir la seconde exposition consacrée au peintre.

Une exposition itinérante
Le fonds De Chirico est souvent en tournée. L’un de ses récents voyages l’a conduit à Mexico, où l’Autoportrait de 1925, qui ne fait pas partie de la donation Isabelle Pakszwer, a failli créer un incident : son départ avait été refusé par le comité de secteur (le comité doit donner son accord pour les œuvres qui ne sont pas comprises dans le circuit habituel des expositions itinérantes de la Galleria). Les protestations du Musée de Mexico, les pressions de l’ambassade d’Italie et celles du ministère des Affaires étrangères lui ont permis d’être exposé au Mexique.

À propos des revirements du comité de secteur, rappelons les conditions d’acquisition du Saint André, que l’on disait peint vers 1922. Il a d’abord été offert pour 350 millions de lires (1 280 000 francs) au ministère des Biens culturels par le directeur de la galerie Ca’ d’Oro, à Rome, M. Porcella, le 15 juin 1988. Le 23 juillet, le directeur des Affaires culturelles, Francesco Sisinni, informait le comité de secteur, et quatre jours plus tard, trois de ses membres entreprenaient une expertise. Le 20 octobre, le comité rendait un avis défavorable, estimant que l’œuvre n’ajouterait rien au fonds du musée de la Galleria Nazionale. La surintendante Augusta Monferini approuvait, car le tableau, daté en fait de 1940, ne valait pas, selon lui, plus de 100 millions de lires (370 000 francs). Le 21 novembre, M. Porcella offrit le Saint André pour 250 millions (915 000 francs). Le comité de secteur accepta, et le 15 février 1989, le contrat était signé.

À Rome, ce sont les visiteurs de l’exposition qui se déplaceront : le circuit comprendra également la visite de la maison-atelier de l’artiste, Piazza di Spagna, et celle de plusieurs immeubles qu’il a décorés durant cette période : l’Université La Sapienza, le Foro Italico, la Casa Madre dei Mutilati et le ministère de l’Industrie.

"De Chirico dans les collections de la Galleria Nazionale", Galleria Nazionale d’arte moderna, Rome, jusqu’au 22 mai 1994.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°3 du 1 mai 1994, avec le titre suivant : Giorgio de Chirico : une exposition à la Galerie Nationale de Rome

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