Gillot contre Watteau

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 juillet 1999 - 250 mots

Largement dépassé par le courant artistique qu’il avait lui-même contribué à lancer, Claude Gillot (1673-1722) devait mourir ruiné et bientôt oublié. On a surtout vu en lui le maître de Watteau, Lancret et leurs émules qui ont su exprimer pleinement les aspirations du XVIIIe siècle à la sensualité gracieuse du marivaudage et des fêtes galantes. Né dans une famille d’artisans d’art, Gillot arrive à Paris pour travailler d’abord dans l’atelier de Corneille le Jeune, mais recherche bientôt un métier plus gai et plus frivole, en particulier du côté de la comédie italienne. Ce maître du croquis y réussit bien. Excellent aquafortiste, il produit de nombreuses scènes licencieuses, des bacchanales, des gravures moralisantes illustrant des fables. Artiste aux multiples facettes, il compose d’autre part des cartons de tapisserie, des costumes pour l’opéra et des vignettes de style rocaille. Parallèlement, il peint aussi des compositions religieuses, Le Christ prêt d’être attaché à la croix, son morceau de réception à l’Académie. C’est en 1704 que Watteau était entré dans son atelier qu’il devait quitter en 1708, pour des raisons mal connues. Gillot s’est-il senti incapable de rivaliser avec la gloire montante de Watteau qui le rejetterait dans l’ombre ? L’exposition organisée à Langres, sa ville natale, devrait permettre d’évaluer son œuvre à sa juste valeur, d’autant qu’elle est accompagnée d’un catalogue fouillant tous les aspects de ce talent novateur et multiforme qui a peut-être eu le tort d’arriver trop tôt.

LANGRES, Musée, 2 juillet-17 septembre, cat. Somogy, 192 p., 200 ill., 245 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°508 du 1 juillet 1999, avec le titre suivant : Gillot contre Watteau

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