Georgia O ‘Keeffe, floraison précoce

Le Journal des Arts

Le 8 mars 2002

Souvent considérée comme la mère de l’abstraction américaine, Georgia O ‘Keeffe bénéficie d’une rétrospective
à Madrid. L’occasion, à travers une trentaine de toiles, de retrouver la sensualité picturale de celle qui fut
la compagne d’Alfred Stieglitz.

MADRID (de nos correspondantes) - L’œuvre de Georgia O ’Keeffe reste indéniablement plus connue aux États-Unis que dans le reste du monde. Passant par Londres, Mexico et Yokohama, sa première rétrospective, hors de son pays natal, n’a eu lieu qu’en 1993, sept ans après son décès. Composée de quelque 34 toiles, l’exposition de la Fondation Juan-March, à Madrid, revêt donc un caractère exceptionnel. Chronologique, le parcours dans l’œuvre de la peintre rejoint aussi celui de son histoire personnelle, et évidemment sa rencontre avec Alfred Stieglitz. Outre-Atlantique, le couple symbolise la période artistique de l’entre-deux-guerres. C’est le moment où New York commence à revêtir un caractère cosmopolite et se muer en capitale internationale de l’art. Si, en transformant le monde de la photographie et en favorisant l’importation de l’avant-garde européenne, Alfred Stieglitz peut être considéré comme un véritable catalyseur culturel, Georgia O ’Keeffe marque, pour sa part, les débuts de l’abstraction américaine.
Née en 1887 dans le Middle West américain, elle s’installe à New York en 1918. Sa reconnaissance professionnelle passe alors par Stieglitz et la galerie 291 qu’il dirige. À l’instar de nombre de ses proches, O ’Keeffe est fortement marquée par les théories de Kandinsky. L’artiste se veut un intermédiaire avec le monde sensible et sa production se centre sur son environnement direct : les paysages sont ainsi la matière première de la peintre, mais le temps a placé les fleurs comme élément central. Le monde d’O ’Keeffe est celui de la démesure dans la plus grande simplicité, elle se réjouit du plus petit détail et le convertit en un univers d’une sensualité extrême. La manière se maintient et se conserve après son départ pour Santa Fe en 1929. C’est là qu’elle est restée jusqu’à la fin de sa vie en 1986, continuant de peindre malgré une cécité grandissante.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°144 du 8 mars 2002, avec le titre suivant : Georgia O ‘Keeffe, floraison précoce

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