Mardi 11 décembre 2018

Georges Vantongerloo de retour

Rétrospective à Anvers

Le Journal des Arts

Le 1 février 1997 - 361 mots

Loin des institutions et des musées belges, Vantongerloo s’est imposé comme une des figures majeures de l’art moderne, au sein du mouvement De Stijl, et bénéficie aujourd’hui d’une rétrospective à Anvers.

ANVERS (de notre correspondant) - Après la rétrospective organisée en 1981 aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique, la présentation offerte par Ronny Van de Velde s’appuie largement sur la collection que Max Bill, ami de longue date de Georges Vanton­gerloo (1886-1965), avait réunie. Dans l’espace épuré de la galerie, soixante-quinze peintures, sculptures et meubles, ainsi qu’une centaine de gouaches et dessins rendent compte de l’évolution d’un des artistes majeurs de l’avant-garde belge de l’entre-deux-guerres. À vrai dire, il en est même l’unique représentant de stature internationale.

Sans doute, cette qualité relève-t-elle du parti pris au début de la Grande Guerre lorsque l’artiste se réfugie aux Pays-Bas. Là, il rencontre Van Doesburg, qui l’oriente inexorablement vers ce qui deviendra De Stijl. En marge du dogmatisme d’un Mondrian – qu’il ne rencontrera que plus tard à Paris –, Vantongerloo élabore une œuvre utopique et sociale menant logiquement la peinture vers la conquête de l’espace réel. À partir d’une expérience de sculpteur qui fait sa singularité au sein de De Stijl, Vantongerloo aborde l’architecture et l’urbanisme. À ce titre, les Réflexions qu’il livre à la revue de Van Doesburg affirment l’importance d’une sculpture abstraite fondée sur la relation des pleins et des vides. L’unité de l’œuvre réside ainsi dans l’idée de rapport que l’artiste organise selon des relations mathématiques rigoureuses. Unissant la création à la connaissance, Vantongerloo réalise une œuvre singulière qui le conduit à participer, à Paris, au mouvement Abstraction-Création. Le système, dominé par les principes de De Stijl, s’assouplit progressivement. En 1937, la courbe vient métamorphoser l’équilibre des épures géométriques. Elle introduit un rythme qui traduit pour Vantongerloo "l’incommensurable" de l’univers. Celui-ci est à la fois ordre et transparence. Seul regret pour cette exposition, que le catalogue, première monographie consacrée à Vantongerloo, soit limité à la seule langue néerlandaise.

GEORGES VANTONGERLOO, jusqu’au 31 mars, Galerie Ronny Van de Velde, Anvers, tlj sauf lundi 10h-18h. Entrée : 150 et 100 FB. Catalogue en néerlandais, éditions Pandora-SDZ, 208 p., 1 495 FB.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°33 du 1 février 1997, avec le titre suivant : Georges Vantongerloo de retour

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