divers lieux

Georg Ettl, l’art de la frise

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 juillet 2000 - 243 mots

Véritable joyau de la Renaissance, le château d’Oiron devrait être familier de tout amateur d’art contemporain qui se respecte. Depuis 1992, il recèle une collection impressionnante d’œuvres d’art qui ont été pour la plupart commandées aux artistes spécialement pour le lieu. Le visiteur quelque peu vigilant n’aura pas manqué d’y voir la subtile frise de chevaux qu’a peinte l’artiste allemand Georg Ettl sur les murs de la galerie extérieure de l’aile gauche du château, réinterprétation des portraits des bêtes du Roi Henri II qui auraient dû y être peints à la Renaissance. Reprenant à son compte une technique séculaire, Ettl développe depuis de nombreuses années un art mettant en œuvre de monumentaux dessins muraux. Doublement invité par le Centre international d’art mural de Saint-Savin et par la Chapelle Jeanne d’Arc de Thouars, l’artiste a réalisé pour celui-ci, dans le réfectoire de l’abbaye, une création en correspondance avec la peinture récemment restaurée du Combat des Rois et, pour celle-là, une étonnante Danse faite de la répétition d’un seul et même personnage dans un langage épuré à l’extrême. Ces œuvres, éphémères, naissent d’un simple trait de crayon qui souligne les silhouettes des personnages. Leur multiplication et leur développement quasi aérien s’opposent à une occupation paradoxale de l’espace qui confère à chacun des lieux une rare énergie. Ici sur le mode linéaire du récit, là sur celui continu d’un déroulement graphique.

THOUARS, Chapelle Jeanne d’Arc, jusqu’au 31 août et SAINT-SAVIN, Centre international d’art mural, jusqu’en décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°518 du 1 juillet 2000, avec le titre suivant : Georg Ettl, l’art de la frise

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