Mercredi 19 décembre 2018

Musée de la Vie romantique Jusqu’au 11 juillet 2010

Frédéric Chopin - Dans un Paris romantique

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 26 avril 2010 - 375 mots

Si un lieu se devait d’honorer le bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin (1810-1849), c’est bien le musée de la Vie romantique.

Situé au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes, à Paris, l’hôtel particulier qu’occupait alors le peintre et sculpteur romantique Ary Scheffer était un rendez-vous particulièrement prisé par le tout-Paris artistique et intellectuel. Chopin, Delacroix et George Sand, mais aussi Liszt, Rossini, Tourgueniev, Dickens ou Berlioz aimaient se retrouver rue Chaptal.

Joliment baptisée « La Note bleue », en référence aux ineffables modulations que George Sand et Eugène Delacroix percevaient dans le cantabile du piano de Chopin, cette savante et précieuse exposition dessine les contours d’une société aristocratique et bourgeoise qui, sous la Monarchie de juillet (1830-1848), se plaisait à cultiver avec élégance l’art du paraître et du recevoir, mais pouvait aussi s’enflammer pour la défense des libertés.

« Chopin, le Polonais, le rêveur inspiré que l’exil nous envoie » (Delphine de Girardin), quitte début novembre 1830 sa terre natale alors sous domination russe, quelques jours avant que n’éclate à Varsovie une insurrection promptement réprimée par les troupes du tsar. Arrivé à Paris le 5 octobre 1831, il confie quelques semaines plus tard à un ami polonais : « Je ne t’ai encore rien dit de l’Opéra. Jamais je n’ai entendu Le Barbier comme la semaine dernière avec Lablache, Rubini et la Malibran (Garcia). […] À Paris, j’ai tout comme je ne l’ai jamais eu. […] La Malibran subjugue par sa voix miraculeuse. Elle éblouit comme personne ! Merveille des merveilles ! »

Quelque quatre-vingt-dix peintures, sculptures et dessins, entre autres de Théodore Chassériau, Auguste Clésinger, Camille Corot, Gustave Courbet (un portrait d’Hector Berlioz), Charles Cuisin, Isidore Dagnan, Eugène Delacroix (dont le célèbre Portrait de Chopin et Le Jardin de George Sand à Nohant, prêté par le Metropolitan Museum de New York), Achille Devéria, Jean-Auguste-Dominique Ingres (un dessin représentant Paganini), Ary Scheffer (Polonia, allégorie de la répression tsariste) ou un moulage de la main de Chopin [ci-contre] réalisé par Jean-Baptiste dit Auguste Clésinger évoquent l’esprit aimable, ironique, parfois tragique qui régnait alors à Paris, capitale du romantisme musical.

« Frédéric Chopin. La Note bleue », musée de la Vie romantique, hôtel Scheffer-Renan, 16, rue Chaptal, Paris IXe, www.vie-romantique.paris.fr, jusqu’au 11 juillet 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°624 du 1 mai 2010, avec le titre suivant : Frédéric Chopin - Dans un Paris romantique

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque