Samedi 17 novembre 2018

Fotografia Roma

Un festival de la photographie s’empare de la capitale italienne

Le Journal des Arts

Le 30 mai 2003 - 622 mots

Pour sa deuxième édition, le Festival international de photographie de Rome offre un panorama qui se veut exhaustif de la création photographique. Sobrement intitulée “Fotografia”?, la manifestation a cette année choisi pour thème la Ville Éternelle.

ROME - Placé sous la direction de Marco Delogu, et financé par la municipalité de Rome, le Festival international de la photographie, “Fotografia”, occupe une cinquantaine d’espaces d’exposition, jusqu’aux écuries Aldobrandini de Frascati – commune située à plus de 20 km de la ville. À l’instar des galeries privées ou des instituts culturels universitaires et étrangers, les lieux publics du centre et des quartiers de Testaccio et de Del Flaminio servent de décor à cette manifestation aussi prestigieuse que gigantesque.
“Rome et les communautés” est le thème de ce cru 2003, un choix que justifie aisément Marco Delogu : “Rome représente le point de départ d’un voyage imaginaire jusqu’aux coins les plus reculés de notre planète. L’autre aspect central de cette manifestation est la volonté de laisser parler tous les langages photographiques, qu’ils soient strictement artistiques, journalistiques ou documentaires, jusqu’à intégrer la photo utilisée par des gens ordinaires.” Pierre angulaire du festival, l’exposition personnelle de Josef Koudelka que propose le Teatro del Tempo, aux Mercati di Traiano, avec vingt-trois vues panoramiques de la capitale réalisées pour l’occasion.
Le Palazzo Braschi met le XIXe siècle à l’honneur en présentant cinquante tirages d’époque issus de ses collections, dont quatre inédits. Les magasins et les galeries de la via del Babuino offrent quant à eux un aperçu de l’école romaine des années 1960 et 1970 grâce aux photographies provenant d’archives privées, dont celles de Mario Schifano et de Plinio De Martiis.
L’Histoire trouve une place de choix dans les expositions dédiées d’une part à August Sander, le père de la photographie allemande moderne, qui a immortalisé l’ordre social sous le IIIe Reich, d’autre part au photographe phare du constructivisme des années 1920, Max Penson, dont l’œuvre condamné par Joseph Staline est aujourd’hui visible aux Musées du Capitole.
Le festival est également l’occasion d’admirer le travail d’artistes tels que Jeff Wall à la galerie Lorcan O’Neill, ou d’autres issus de la jeune génération. Le Macro, le nouveau musée d’art contemporain de la ville, accueille l’Allemand Andreas Gursky et l’Israélienne Michal Rovner, tandis que la galerie Il Segno propose l’enquête du jeune Raphael Dellaporta au sein de la communauté vietnamienne de Noyant, refuge de nombreuses femmes ayant fui l’Indochine dans les années 1950. Encore éloignés des circuits internationaux, les artistes chiliens sont à découvrir aux Mercati di Traiano, et les photographes chinois à L’Officina – Arte al Borghetto.
La photographie de guerre et d’étude sociale trouve un ambassadeur en la personne de Sergei Tchilikov, représentant de la nouvelle photographie russe exposée dans l’ancienne centrale électrique Montemartini, mais aussi de Don McCullin, digne héritier du grand photographe de guerre Robert Capa, visible aux Mercati di Traiano. D’autres reporters, réunis à l’occasion de “Confrontation de regards”, illustrent dans un style inhabituel le conflit israélo-palestinien. La “glocalisation” culturelle se retrouve aussi dans plusieurs expositions personnelles. À la galerie Moncada, Ferdinando Scianna propose une série de photographies de son village de Bagheria, près de Palerme. Au cœur de la Centrale Montemartini, Elaine Costantine, artiste du nord de l’Angleterre, nous livre sa vision de la Grande-Bretagne contemporaine à travers l’histoire d’un groupe d’amies du troisième âge réunies à l’heure du thé au night-club du Ritz de Manchester. Au même endroit, Lauren Greenfield, de Los Angeles, observe des adolescentes qui, pour leur 18e anniversaire, font le vœu d’un nouveau nez ou d’implants mammaires.

FOTOGRAFIA. FESTIVAL INTERNAZIONALE DI ROMA

Jusqu’au 22 juin, divers lieux, Rome, tél. 39 06 49 27 141, www.fotografia.festivalroma.org. Cat. bilingue anglais/italien, éd. Federico Motta Editore et zoneattive, 144 p., 120 ill., 25 euros. ISBN 887179-411-7

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°172 du 30 mai 2003, avec le titre suivant : Fotografia Roma

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