Samedi 17 novembre 2018

Formes et couleurs de l’imparfait

L'ŒIL

Le 1 février 2003 - 391 mots

Après avoir étudié l’architecture et suivi les cours de l’Institut de design industriel de Venise, l’Italien Gaetano Pesce (né en 1939) s’intéresse depuis une trentaine d’années aux matériaux et aux multiples possibilités qu’ils peuvent offrir. Il crée un univers de formes souvent anthropomorphes aux couleurs éclatantes. Considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands designers, Pesce a conçu nombre d’objets qui ont fait date : les sièges de la série Up, dans les années 1970, en mousse de polyuréthanne, comprimés et emballés sous vide qui reprenaient forme lorsqu’on les déballait, ou encore la table Sansone I, en résine de polyester moulée, fruit de sa collaboration avec Cesare Cassina en 1980. Le terme de « série » n’est pas véritablement adapté au travail de Gaetano Pesce. On parle plutôt de collections, tant chaque pièce est unique, avec, au sein même du processus de création, l’idée dominante de l’aléatoire et de l’imperfection. Rien d’étonnant donc à ce que ses dernières inventions soient réunies sous le titre générique « Nobody’s perfect ». En 1995, avec Fish design, Pesce annonce la couleur : ces objets en résine moulée à la main de forme identique sont tous différents, les motifs et les couleurs dépendant de celui qui verse la résine. L’artisan à qui est confiée la réalisation de l’objet conçu par le designer n’est plus un simple exécutant, il participe à l’œuvre, en l’interprétant différemment à chaque nouvelle pièce. Le statut de l’artiste est par conséquent remis en cause, comme sa part de responsabilité dans l’apparence de l’objet fini. Ces créations colorées, joyeuses, ne sont donc pas si légères qu’elles en ont l’air... Avec Nobody’s perfect, le designer propose des sièges en résine, des étagères, des tables, des buffets qui jouent sur la matière, le souple et le rigide, l’épaisseur ou la transparence... Une collection de mobilier éditée par Zerodisegno – avec qui Pesce collabore depuis 2001 – à découvrir à l’Ucad, juste avant de se rendre à la galerie Peyroulet qui propose, dans le même temps, vingt-cinq des créations les plus récentes du designer, deux sortes de chaises et un fauteuil de la collection Nobody’s perfect.

PARIS, Union centrale des arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Ie, tél. 01 44 55 57 50, www.ucad.fr, 10 décembre-16 février ; galerie Gilles Peyroulet et Cie, 75, rue Quincampoix, IIIe, tél. 01 42 78 85 11, 12 décembre-15 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°544 du 1 février 2003, avec le titre suivant : Formes et couleurs de l’imparfait

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque