Dimanche 25 février 2018

Rome

Fabio Mauri à la Galleria d’Arte Moderna

Une centaine d’œuvres de l’artiste, de 1954 à nos jours

Le Journal des Arts

Le 1 juin 2010

La Galleria d’Arte Moderna consacre à Fabio Mauri une grande rétrospective avec une centaine d’œuvres, des toiles du premier expressionnisme (1954) aux \"schermi\" et collages, et 30 installations dont Che cos’è il Fascismo ? (1971). Sa pièce de théâtre \"Gran Serata Futurista\" sera jouée le soir de la clôture de l’exposition, le 5 octobre prochain.

ROME - L’artiste, né en 1926 à Rome où il réside, a participé à la préparation de l’exposition de ses œuvres, secondant les organisatrices Carolyn Christov-Bakargiev, Augusta Monferini et Marcella Cossu. L’exposition s’ouvre sur les premières toiles expressionnistes, exécutées en 1954, après une période sombre marquée par des troubles psychiques et des crises de mysticisme, qui annoncent, par le trait rapide et tourmenté, la dure image de la vie de la période de la maturité.

La dénonciation de tous les fascismes
Suivent les Schermi (Écrans) et les Collages de la fin des années 50 jusqu’à 1964. C’est la période des deux premiers volumes de l’Almanach Bompiani, publié sous la direction de Fabio Mauri, qui portent sur la civilisation urbaine, signalisation routière, télévision, bandes dessinées. Ces thèmes se retrouveront dans son œuvre et dans celle des artistes de sa génération. Les Schermi de Fabio Mauri sont des écrans de télévision ou de cinéma, des objets. Les collages, tous inspirés par le cinéma – écrans, morceaux de pellicule, photogrammes agrandis et bandes dessinées – retrouvent la matière, l’espace sur lequel l’image est projetée. Puis, c’est le tour de la "dépression" artistique, à la suite de la célèbre Biennale de Venise de 1964. Mauri se consacre alors à l’écriture et au théâtre, mettant en scène son second ouvrage, "L’Isola", (L’Île) dont il crée les décors et les costumes.

Au centre des salles d’expositions foisonnent des installations. À dater de 1971, à partir de Che cos’è il Fascismo ? (Qu’est-ce que le fascisme ?), – installation qui sera exécutée le jour de l’inauguration –, Fabio Mauri se consacre à des thèmes politiques : la dénonciation de tous les fascismes et de tous les moyens de persuasion ou d’hypnotisme employés par eux. L’exposition présente Ebrea (Judaïté), accompagnée de Il muro del pianto (Le mur des lamentations, de 1993), Natura e Cultura, Ideologia e Natura, (Nature et Culture, Idéologie et Nature). Umanesimo / disumanesimo, (Humanisme / déshumanisme), réalisée pour la première fois à la gare de Florence, a été reconstituée dans la cour. Le "caffè di guerra" (Café d’orge) qui fait partie d’Oscuramento (Black-out), exécutée en 1975 en trois lieux différents de Rome (Studio Canaviello, Museo delle Cere aux SS. Apostoli et Studio della fotografia Elisabetta Catalano), est présenté au Bar de la Galleria d’Arte Moderna .

On voit aussi les fameuses projections sur corps et objets, une variante sur le thème de "schermo" (Écran). Parmi celles-ci, plusieurs films de Dreyer, d’Eisenstein, et la réédition d’Intellettuale (Intellectuel, 1975), avec la projection de "L’Évangile selon saint Matthieu" sur une chemise – à l’origine c’était sur le corps – de Pasolini. Enfin, le dernier soir, l’estrade du théâtre futuriste, située dans la salle des premières peintures et dessins, accueillera la pièce de 1980, Gran Serata Futurista (Grande soirée futuriste). Le catalogue de l’exposition est édité par Carte Segrete.

Rome, \"Rétrospective Fabio Mauri\", Galleria d’Arte Moderna, 21 juin–5 octobre 1994.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : Fabio Mauri à la Galleria d’Arte Moderna

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