Lundi 16 décembre 2019

Exotisme sur la Croisette

Les richesses du Musée de la Castre à Cannes

Le Journal des Arts

Le 30 janvier 1998 - 347 mots

Méconnu, le Musée de la Castre à Cannes possède une importante collection d’art primitif. Il expose hors les murs une sélection de soixante-dix-sept pièces océaniennes, africaines, amérindiennes et asiatiques, fruit de trente années d’acquisitions.

CANNES - Le baron Lyclama a Nijeholt, étonnant aventurier et aristocrate hollandais, est à l ‘origine du Musée de la Castre, installé dans un ancien château. En convalescence dans la région, il lègue après sa mort, en 1877, la totalité de sa collection personnelle à la Ville de Cannes. Le baron avait, après une série de voyages en Russie et en Orient, rassemblé un ensemble important et hétéroclite d’antiquités méditerranéennes et orientales. Il ne s’intéressait pas exclusivement à l’archéologie mais aussi aux curiosités exotiques. Ainsi il acquiert, en 1874, la collection océanienne et précolombienne d’un autre voyageur excentrique, le journaliste français Edmond Ginoux de la Coche. Au milieu du XIXe siècle, celui-ci avait déjà sillonné les îles Marquises et Tahiti ainsi que l’Amérique du Sud, d’où il rapporta une quantité de pièces ethnographiques. La réunion des deux collections constitue le fonds ancien d’art primitif du Musée de la Castre. Depuis, il s’est enrichi de dons et d’achats successifs. Les œuvres proviennent de toutes les régions du globe, ce qui donne au musée actuel une physionomie originale, à l’image d’une “chambre des merveilles” ou d’un cabinet de curiosités où se mêlent antiquités et exotica sans hiérarchie de valeurs.

Le choix des objets exposés à La Malmaison, dont certains sortent pour la première fois des réserves, reflète cet éclectisme. Des masques mélanésiens, un mannequin funéraire Rambaramp du Va­nuatu, ou encore des massues u’u marquisiennes côtoient allègrement des objets inuits ou des masques (Népal, Bouthan) et coiffes (Ladakh) himalayens, sans oublier les instruments de musique africains extraits du fonds d’ethnomusicologie, qui passe pour être un des plus riches ensembles conservés en province.

VOYAGES IMMOBILES, jusqu’au 4 mai, Direction des Affaires culturelles, La Malmaison, 47 La Croisette, 06400 Cannes, tél. 04 93 38 55 26, tlj sauf mardi 10h30-13h et 15h-18h. Catalogue, 80 p., 120 F, édité par la Direction des musées de la Ville de Cannes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°53 du 30 janvier 1998, avec le titre suivant : Exotisme sur la Croisette

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