Dimanche 18 février 2018

En chair et en os

« Un nouveau paysage humain » au programme d’Arles

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 28 novembre 2008

Affichant cet été le vaste thème d’« Un nouveau paysage humain », les XXIXe Rencontres internationales de la photographie proposent à Arles seize expositions réunissant des photographes du début du siècle aux contemporains, reporters, portraitistes ou créateurs.

ARLES - “Une des toutes premières applications de la photographie, dès son invention, fut sans doute d’avoir introduit l’individu ou le sentiment de réalité de l’individu dans le champ des représentations”. Forte de ce constat, Giovanna Calvenzi, directrice artistique de cette édition, et directrice photo du magazine Specchio, supplément du quotidien italien La Stampa, a bâti un programme articulé autour de cinq grands chapitres. Le premier, “Les sources de la vision contemporaine”, mettra en particulier en lumière un aspect méconnu de la création hongroise. Ce pays est célèbre par des grands noms – Kertész, Capa, Brassaï, Moholy-Nagy – qui ont, en fait, quitté leur pays entre 1919 et 1956. L’exposition “Ceux qui sont restés” – Pécsi, Balogh, Escher – veut revaloriser d’autres figures de cette génération. Autre “source”, Federico Patellani (1911-1977), l’un des fondateurs du photo­reportage italien, qui a largement contribué à la reconnaissance de l’image par les magazines et a collaboré à la création de Tempo. Cent images prises pour la presse  seront exposées.

“L’Anthropologie involontaire” présentera notamment les immenses panoramiques d’Eugene Omar Goldbeck (1891-1986). Il se passionnait pour les groupes et est allé jusqu’à photographier 21 765 militaires ! Il avait fondé sa propre société en espérant photographier “l’impossible” et vendre un tirage à chacun des membres de ces panoramiques. Disfarmer (1884-1959), lui, se centrait sur l’individu. Photographe de studio près de Little Rock, dans l’Arkansas, il a “archivé” ses concitoyens sans mise en scène, à la manière d’un August Sander. Un autre chapitre, “Sociologie des comportements”, présentera la commande réalisée à Marseille – des scènes de rue – par Beat Streuli, et commémorera Mai 68 à travers deux soirées, les images des membres de Magnum et celles de Claude Dityvon, amateur à l’époque. “Entre profession et recherche plastique” laissera le champ libre au photographe de mode et de publicité David La Chapelle, tandis qu’une soirée est consacrée à la jeune génération anglaise. Enfin, “L’artiste et la représentation de soi” reprendra la troublante exposition que la Fondation Cartier avait consacrée à Francesca Woodman. Artiste météore – elle s’est suicidée à 22 ans –, elle laisse des autoportraits où son corps flou traverse fugitivement l’espace.

Par ailleurs, ces Rencontres organiseront le 9 juillet, avec la direction des Affaires internationales du ministère de la Culture et en partenariat avec le Journal des Arts, une table ronde sur le marché de la photographie. Celle-ci réunira artistes, collectionneurs, conservateurs de musées, galeristes, commissaires-priseurs, directeurs d’agences français et étrangers. Alors que ce marché est en plein essor, ces professionnels débattront de son fonctionnement et de ses règles.

XXIXe RENCONTRES INTERNATIONALES DE LA PHOTOGRAPHIE, expositions jusqu’au 16 août. Soirées de projection jusqu’au 10 juillet. Ren­seignements tél. 04 90 96 76 06. Internet : http:// www.arles.org/rip.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°64 du 8 juillet 1998, avec le titre suivant : En chair et en os

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