Mercredi 19 décembre 2018

musée

Émile Bernard et ses Bretonneries

L'ŒIL

Le 1 juillet 2000 - 344 mots

Toute sa vie, Émile Bernard (1868-1941) ne cessa de créer. Une perpétuelle effervescence intellectuelle l’a poussé à la recherche du « lien » entre le geste créateur et la quête spirituelle. Fondateur avec Gauguin de l’École de Pont-Aven, il multiplie les expérimentations. Peintre, sculpteur, auteur d’écrits sur l’art mais aussi de pièces de théâtre, il se fait également concepteur de meubles, vitraux, tapisseries. Il dirige plusieurs revues imprimées de façon artisanale. Il voyage, beaucoup. L’Italie, la Grèce, l’Espagne, l’Égypte lui permettent de découvrir la culture méditerranéenne. Et il n’oublie pas l’art imprimé. À partir de 1888 et jusqu’en 1935, il n’arrête pas de produire dans ce domaine. Il ne néglige aucune technique : la gravure sur bois mais aussi la zincographie, la lithographie et les pointes sèches. Tout lui est bon... Aux côtés de Gauguin, son éternel rival, l’artiste présente en 1889 au café Volpini à Paris Les Bretonneries, ses estampes les plus célèbres, lors de l’exposition du groupe impressionniste et synthétiste. 80 œuvres, provenant de collections particulières ainsi que de la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris, présentent ici l’activité d’Émile Bernard graveur. L’artiste privilégie l’expérimentation à la diffusion. Réalisant peu de tirages à partir de ses gravures isolées, il consacre une part importante de son œuvre aux illustrations de livres. Le graveur débute en 1902 par la mise en images des Fleurs du Mal de Baudelaire. L’ouvrage est édité en 1916 par le marchand d’art Ambroise Vollard. L’exposition donne enfin lieu à la publication du catalogue raisonné de l’œuvre gravé d’Émile Bernard. Établie par Daniel Morane, l’étude permet d’apprécier à sa juste mesure la production gravée de l’artiste. L’auteur consacre en particulier une part importante de ce catalogue aux livres illustrés ; près de 1 400 pièces sont dénombrées. Cette rétrospective se double d’une manifestation inédite. Le visiteur pourra en effet confronter la statue du Christ de la Chapelle de Trémalo, située à Pont-Aven, à deux peintures de Gauguin qui s’en inspira, Le Christ jaune conservé aux États-Unis ainsi que L’Autoportrait au Christ jaune provenant du Musée d’Orsay.

PONT-AVEN, Musée, jusqu’au 2 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°518 du 1 juillet 2000, avec le titre suivant : Émile Bernard et ses Bretonneries

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