Samedi 15 décembre 2018

Edmund Teske, un alchimiste californien

L'ŒIL

Le 1 septembre 2004 - 346 mots

Los Angeles raisonnait cet été à l’heure du « Minimal ». Le MoCA vient de finir sa vaste plongée dans l’art minimal américain, le Lacma présente une importante exposition consacrée à l’art géométrique depuis la Seconde Guerre mondiale, « Beyond Baroque », le théâtre de la Beat Generation à Venice Beach propose des lectures consacrées à Fluxus… Un vaste panorama qui ne laisse pourtant aucune place à Supports-Surfaces toujours surnommé ici « Boys Scouts » comme le souligne ironiquement Paul Schimmel, le commissaire dans le vent du MoCA. Mais la vraie découverte est à voir au Getty Center, avec la présentation de l’œuvre du poète et photographe américain Edmund Teske.
Né à Chicago en 1911, Teske devient photographe à LA et fait partie de la scène avant-gardiste des années 1950. Il capture aussi bien les stars d’Hollywood que la nature dans l’espace californien. Après avoir saisi la grande dépression à Chicago avec des séries d’images prises dans le bus, poussé par une vision romantique du soleil et attiré par l’écran au reflet d’argent il débarque en Californie. Ici, il touchera à une saturation de l’image brûlée par le soleil. Il abandonne le réalisme photographique pour mettre en avant des aspects mystérieux, il pousse le négatif à sa limite, utilise la solarisation, jette des faisceaux de lumière pendant le développement, combine différents négatifs ensemble, propose des effets de couleurs afin de reconfigurer l’espace et le temps pour créer une nouvelle réalité marquée par les Vedânta et l’hindouisme. De nombreux artistes, écrivains, cinéastes ont séjourné avec Teske au Studio Residence B. situé à Olive Hill dans Hollywood, grand site dessiné par Frank Lloyd Wright et destiné aux arts. Ici sont venus les amis de Teske : Man Ray, Anaïs Nin, George Cukor, Christopher Isherwood, Aldous Huxley. Si l’on connaît ses portraits de Wright et de Jim Morrison, souvent dans les images de Teske la réalité devient floue pour évoquer une pure émotion spirituelle.

« Spirit into matter » : les photographies d’Edmund Teske LOS ANGELES, Getty Center 1200 Getty Center Drive, tél. 310 440 7300, www.getty.edu, jusqu’au 26 sept.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°561 du 1 septembre 2004, avec le titre suivant : Edmund Teske, un alchimiste californien

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