Mercredi 17 octobre 2018

Dürer d’une Passion à l’autre

L'ŒIL

Le 1 septembre 2004 - 336 mots

L’exposition, riche, présente une centaine de gravures d’Albrecht Dürer et donne une bonne idée d’ensemble de son œuvre, bien qu’elle n’inclue pas la célèbre série de l’Apocalypse, et que certaines des séries les plus célèbres (Grande Passion sur bois, Vie de la Vierge) soient lacunaires. Les trois Passions gravées par Dürer (Petite Passion sur cuivre, Grande et Petite Passions sur bois) jalonnent l’exposition. Leur diversité illustre la culture chrétienne et humaniste de Dürer, ses interprétations infiniment variées des textes, et des possibilités ouvertes par la Renaissance dans la représentation du corps et de la perspective. L’exposition s’ouvre sur trois des onze planches de la Grande Passion (réalisée entre 1497 et 1510), aux compositions amples et mouvementées où abondent les personnages. Entrée en matière, où la noblesse décorative domine l’intensité du sentiment… Dans la Petite Passion sur cuivre, chef-d’œuvre de Dürer, dont la série complète est au centre de l’exposition, le graveur prend un tout autre parti. Dans un espace restreint, les attitudes, les muscles, autant que les visages, tout proches, portent avec naturel les émotions au cœur de la Passion. La Petite Passion sur bois, réalisée entre 1508 et 1510, presque contemporaine de la Passion sur cuivre, clôt l’exposition. Destinée, à l’origine, à des lecteurs moins érudits, cette série de trente-sept planches est présentée au complet. Les scènes y sont violemment contrastées, les personnages plus nombreux et les sentiments crûment manifestés… En contrepoint de cette tension du graveur entre différentes interprétations, quasi contemporaines, de la souffrance du Christ, la série incomplète de la Vie de la Vierge introduit une note paisible. De vastes architectures abritent le bonheur et l’amour de la sainte famille. En discordance avec cette harmonie de suites religieuses, les gravures isolées de Dürer, bois et burins, sont présentées de façon un peu chaotique… Difficulté inhérente à la présentation d’une œuvre foisonnante.

« Albrecht Dürer », PARIS, mairie du Ve, 21 place du Panthéon, tél. 01 56 81 75 05, 8 juillet-3 octobre. À lire : Dürer, dessinateur et aquarelliste, Mazenod, 96 p., 29 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°561 du 1 septembre 2004, avec le titre suivant : Dürer d’une Passion à l’autre

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