Lundi 17 décembre 2018

musée

Deux orientaux à Liverpool

L'ŒIL

Le 1 avril 2000 - 262 mots

Grande activité printanière en l’honneur des sculpteurs anglais à la Tate de Liverpool : une exposition de sculptures, dessins et gravures de Shirazeh Houshiary et de Anish Kapoor les deux Anglais « orientaux », et une autre consacrée aux derniers travaux de Tony Cragg leur aîné et enfant de la ville. Les deux premiers ont en commun d’être de la même génération (Houshiary est née en Iran en 1955 et Kapoor en Inde en 1954), d’avoir étudié tous deux à Londres dans les années 70 et d’avoir beaucoup exposé à la Lisson Gallery de Londres. Tous deux sont également des magiciens de la métamorphose, utilisant des matériaux très simples et séduisants, pour des œuvres dont le sens reste avant tout spirituel et volontairement mystérieux dans l’acceptation religieuse du mot. Houshiary utilise le plomb, le cuivre, le zinc et la feuille d’or pour des formes qui rappellent les grandes ailes des anges byzantins autant que l’esprit divin de la poésie Soufi. Kapoor, lui, utilise de la pierre, de l’ardoise, des pigments naturels aux couleurs très sensuelles, pour des pièces étranges et souvent géométriques où il se joue du rêche et du poli, du plein et du vide créant des métaphores et des illusions optiques où le corps est toujours présent, comme objet de désir ou fantôme (L’Œil n°500). Tous deux évoquent essentiellement des histoires de lumière, de vide, planant dans des espaces visibles autant qu’invisibles. Confronter ainsi leurs œuvres dans une même exposition peut apparaître de prime abord un peu naïf, mais la démarche se révèle passionnante.

LIVERPOOL, Tate Gallery, jusqu’au 28 août.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°515 du 1 avril 2000, avec le titre suivant : Deux orientaux à Liverpool

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