Vendredi 22 novembre 2019

Musée des beaux-arts, Caen (14)

Des collectionneurs de dessins sortent au grand jour

Jusqu’au 20 juin 2011

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 18 mai 2011 - 333 mots

Tous les chemins mènent à Rome. Par un détour inattendu, cet adage antique nous conduit, en 2011, à Caen, où le Musée des beaux-arts accueille une exposition exclusivement consacrée aux dessins italiens de la Renaissance.

Fait remarquable, les feuilles exposées proviennent toutes de collections privées françaises. Pour la plupart inédites, elles témoignent de l’œil et de la passion des collectionneurs qui ont accepté, un temps, de se dessaisir de leurs trésors. La présente exposition leur rend hommage et s’inscrit dans un élan vertueux de convergence entre le monde des musées français et celui des collectionneurs. Dans les cartons à dessins des amateurs, les commissaires ont prélevé soixante-dix œuvres de la main de vingt-neuf artistes différents. La sélection met l’accent sur la diversité des écoles et des styles qui caractérise le cinquecento, l’âge d’or du dessin italien. Le siècle commence avec les disciples de Raphaël à Rome, Giulio Romano, Peruzzi et Perino del Vaga, tenant du « beau style » défini par Vasari. Les Toscans Beccafumi, Sogliani ou Bandinelli diffusent la bella maniera qui triomphe, vers 1530, avec l’inoubliable Tête idéale de femme de Salviati. Une courte mais brillante section sur le paysage indépendant ponctue le parcours qui s’achève avec les dessins sur papier bleu des Vénitiens (Véronèse, del Moro, Palma, le Tintoret) et avec ceux des écoles romaines (Zuccaro, Raffaellino da Reggio, Trometta), de Gênes (Paggi, Cambiaso), de Bologne et d’Émilie (Samacchini, Campi, Procaccini), de Sienne (Rustici, Vanni, Casolani) et de Florence (Stradanus, Ligozzi, Poccetti). Qualité, importance historique et état de conservation ont été les critères d’acquisition des œuvres présentées. Ensemble, elles forment une collection idéale qui met en lumière le couple marchand-collectionneur, dont les goûts, les recherches et les intuitions respectives revitalisent en permanence l’histoire de l’art. L’exposition caennaise forme ouvertement le vœu d’inciter les jeunes à suivre l’exemple de leurs aînés collectionneurs.

Voir

« L’œil et la passion : dessins italiens de la Renaissance dans les collections privées françaises »
Musée des beaux-arts, le Château, Caen (14), www.mba.caen.fr, jusqu’au 20 juin 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°636 du 1 juin 2011, avec le titre suivant : Des collectionneurs de dessins sortent au grand jour

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