Art ancien

Paris-6e

Démarrage décevant de l’année Léonard

Beaux-Arts de Paris, Cabinet des dessins Jean Bonna - Jusqu’au 19 avril 2019

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 22 février 2019 - 310 mots

PARIS

Impossible d’y couper, l’année 2019 sera léonardienne, ou ne sera pas. À l’occasion du 500e anniversaire de la disparition de Vinci, les institutions hexagonales multiplient les expositions, plus ou moins immanquables.

Léonard de Vinci, <em>Etudes de balistique</em>, plume et encre brune, 20 x 28 cm, collection Ecole nationale supérieure des beaux-arts - ENSBA
Léonard de Vinci, Etudes de balistique, plume et encre brune, 20 x 28 cm, collection Ecole nationale supérieure des beaux-arts
© ENSBA

L’École des beaux-arts de Paris ouvre le bal avec une exposition centrée sur le dessin à l’époque du génie, soit l’un des moments les plus excitants pour les amateurs de belles feuilles. Hélas, loin du feu d’artifice espéré avec ce sujet en or, l’exposition s’avère décevante. Évidemment, il y a de belles pièces. Au demeurant, comment pourrait-il en être autrement alors que l’établissement renferme le fonds de dessins de maîtres le plus important en France après le Louvre ? Toutefois, la qualité des œuvres présentées est insuffisante pour apprécier la démonstration qui est faite ici, et qui repose beaucoup trop sur des questions d’attribution qui ne passionneront au final qu’un aréopage de spécialistes. Le public, lui, attiré par la promesse de découvrir des pépites du père de La Joconde, restera certainement sur sa faim face à la poignée d’œuvres réunies pour l’occasion. En tout et pour tout, il ne pourra en effet admirer que trente œuvres, dont quatre seulement de la main de Léonard ; ce qui est léger et, pour tout dire, frustrant. Enfin, l’exposition pèche aussi par son accrochage, certes fort contraint par cet espace de petite dimension et ingrat dans son organisation, puisqu’il s’agit d’un lieu de travail et de consultation. Il n’empêche que la cohabitation de chefs-d’œuvre du Quattrocento avec des postes informatiques n’est clairement pas du meilleur effet. Dans ce cabinet exigu, coupé en deux par de massives cimaises autoportantes, la circulation du regard est malheureusement ardue. C’est bien dommage, car cela ne permet pas aux visiteurs d’embrasser ce corpus pour dénicher d’une feuille à l’autre les nombreux emprunts et références communes qui témoignent de l’émulation et de l’effervescence indissociables de cette époque passionnante.

« Léonard de Vinci et la Renaissance italienne. Dessins de la collection des Beaux-Arts de Paris »,
Cabinet des dessins Jean Bonna, Beaux-Arts de Paris, 14, rue Bonaparte, Paris-6e, www.beauxartsparis.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°721 du 1 mars 2019, avec le titre suivant : Démarrage décevant de l’année Léonard

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