Vendredi 28 février 2020

XVIe s.

Défilé de mode

Le Musée de l’armée met en scène l’art de l’armure princière

Le Journal des Arts

Le 28 mars 2011 - 383 mots

PARIS - Après dix ans de rénovation, le Musée de l’armée, à Paris, inaugure une politique culturelle ambitieuse.

Pionnière, l’exposition « Sous l’égide de Mars, armures des princes d’Europe » étudie la production des armures d’apparat entre 1530 et 1570 par les ateliers français et flamands dans le goût de Fontainebleau, grâce aux avancées récentes d’une recherche scientifique qui s’intéresse de plus en plus à la Renaissance française.

Une première section dédiée au processus d’élaboration de ces véritables pièces d’orfèvrerie propose un aperçu technique de la production. Accentuée par la présence de supports multimédias, une confrontation entre les armures et leurs dessins préparatoires les réinscrit dans le contexte artistique de l’époque. Les techniques élaborées de damasquinure, ciselure ou dorure, doublées des esquisses de peintres comme Jean Cousin, donnent naissance à des décors somptueux, dignes des plus prestigieux bijoux. 

Tenues d’apparat
Le raffinement du décor est ensuite mis en lumière à travers un cheminement chronologique, qui réunit des cuirasses majestueuses des plus grands potentats de l’époque. Métaphore du pouvoir et signe ostentatoire de la puissance souveraine, ces armures de festivité, jamais portées au combat, affirment la filiation divine et mythologique de leur propriétaire. Parmi les attributions, parfois théoriques, figurent les armures d’Henri II, Henri III, Charles IX, Maximilien II de Habsbourg, ou encore l’ensemble équestre, dit « armure d’Hercule », d’Erik XIV de Suède, clou de l’exposition. L’alliance de la stylisation décorative et de représentations descriptives, parfois humoristiques, des scènes historiées plonge le visiteur dans l’univers maniériste de la galerie François Ier au château de Fontainebleau, source première d’inspiration de ces ornements.

La circulation rapide de ces modèles entre les ateliers européens et le retentissement des décors à la française dans toutes les cours occidentales sont confirmés par la diversité des provenances des pièces. Si la majeure partie des œuvres présentées provient des collections du musée, ce sont les prêts remarquables de Dresde, Stockholm, New York, Munich, Leeds, Turin ou Vienne qui ont permis de réunir, parfois pour la première fois, des pièces d’une rare qualité. Leur état de conservation, souvent exceptionnel, permet d’admirer leur polychromie ou leur garniture d’origine. 

SOUS L’ÉGIDE DE MARS

Commissariat général : Olivier Renaudeau, conservateur au Musée de l’armée ; Jean-Pierre Reverseau, conservateur général du patrimoine ; Jean-Paul Sage-Frénay, conservateur adjoint au Musée de l’armée

Nombre d’œuvres : 95 pièces

SOUS L’ÉGIDE DE MARS, ARMURES DES PRINCES D’EUROPE

Jusqu'au 26 juin, Musée de l’armée, hôtel national des Invalides, 129, rue de Grenelle, 75007 Paris, www.invalides.org, tlj sauf le premier lundi du mois 10h-18h, mardi jusqu’à 22h. Cat., coéd. Nicolas Chaudin et Musée de l’armée, 376 p., 55 euros, ISBN 978-2-3503-9106-9

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°344 du 1 avril 2011, avec le titre suivant : Défilé de mode

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque