Lundi 28 septembre 2020

Bilbao (Espagne)

Dans le ventre de Louise Bourgeois

Musée Guggenheim Bilbao jusqu’au 4 septembre 2016

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 20 avril 2016 - 296 mots

Vingt-huit œuvres. Le nombre est un peu juste pour monter une exposition. Sauf quand celles-ci occupent, en raison de leurs dimensions, un étage complet d’un musée, en l’occurrence le Guggenheim Bilbao.

L’institution signée Frank Gehry consacre en effet actuellement une exposition aux Cellules de Louise Bourgeois (1911-2010), principe qui apparaît relativement tard dans la production de l’artiste (en 1986 avec la Tanière articulée), mais qu’elle explorera jusqu’en 2008 (pour réaliser une soixantaine de cellules). De quoi s’agit-il ? D’espaces plus ou moins architecturaux chargés des thèmes qui hantent depuis toujours l’œuvre de Louise Bourgeois. Ce sont des vitrines, des cages ou des cabanes, parfois très grandes – l’une d’elle est installée dans une ancienne citerne d’eau récupérée sur un toit de New York –, habitées par les têtes brodées par l’artiste, des membres sectionnés, des sacs – qui évoquent les testicules du père – plantés d’aiguilles à coudre, des tronçons d’escaliers, des sièges, des vêtements, des miroirs et d’autres objets en tous genres, récupérés ou chargés de l’histoire personnelle de l’artiste. « I need my memories, they are my documents » (« J’ai besoin de mes souvenirs, ils sont mes documents ») brode Louise Bourgeois sur les draps de Cellule I en 1991, date à laquelle elle fixe le terme de « cellule ». Dans un parcours rétrospectif non contraint, où les cartels sont réduits à leur strict nécessaire, le spectateur déambule librement, passe d’une cellule à une autre, pénètre lentement le monde – l’histoire – de Louise Bourgeois. Le résultat est puissant, émouvant même, et d’une grande force plastique, à l’instar de cette araignée géante, dont le Guggenheim possède déjà un exemplaire sur son parvis, mais dont le ventre a été transformé ici en « cellule », une cage dans laquelle toute l’artiste est enfermée.

« Louise Bourgeois. Structures de l’existence : les Cellules »

Musée Guggenheim, Bilbao (Espagne), www.guggenheim-bilbao.es/fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°690 du 1 mai 2016, avec le titre suivant : Dans le ventre de Louise Bourgeois

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque