Dalou en miniature mais en majesté

Petit Palais jusqu’au 13 juillet 2013

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 27 mai 2013 - 327 mots

Tous les Parisiens ont admiré, au moins une fois, l’œuvre phare de Jules Dalou, Le Triomphe de la République, l’immense groupe en bronze de la place de la Nation, ou un autre de ses nombreux monuments publics.

Et pourtant, malgré la visibilité de son travail, l’artiste souffre d’une certaine méconnaissance auprès du public. Sculpteur clef du XIXe siècle, aussi réputé à son époque que Rodin, Dalou n’a d’ailleurs jamais reçu les honneurs d’une monographie. Une lacune qui s’explique, sans doute, par la nature de son œuvre, du moins de son versant le plus célèbre, les grands monuments publics, qui sont par essence intransportables.

Le défi de la présente exposition consiste donc à restituer l’importance de ce grand artiste, presque exclusivement à partir de son travail préparatoire. Pour pallier cette difficulté, les commissaires ont joué la carte des coulisses d’atelier en présentant une foule de dessins, esquisses en terre, photographies et tirages posthumes, afin de retracer sa carrière. Ailleurs qu’au Petit Palais, cela aurait été impossible, car le musée détient depuis 1905 son fonds d’atelier ; ici, la démonstration se révèle passionnante.

D’emblée, on est frappé par la diversité de la production du sculpteur. En marge des monuments commémoratifs, Dalou a effectivement réalisé nombre de commandes privées, aux courbes et thématiques très séduisantes, bien loin de la vigueur et du réalisme de ses œuvres exaltant les valeurs citoyennes. Malgré la qualité de ces œuvres plus académiques, le point d’orgue de l’exposition demeure l’évocation des grands projets : Le Triomphe de la République, bien sûr, mais aussi de hauts-reliefs rarement présentés au public, ainsi que l’émouvant monument, inachevé, à la gloire des ouvriers. Un projet fleuve que Dalou a porté pendant près de vingt ans, multipliant les études afin de dépeindre avec dynamisme et vérité le monde des travailleurs. De cette entreprise humaniste subsistent quantité d’esquisses, au modelé vigoureux, et le célèbre Grand Paysan, la seule figure achevée et diffusée à travers le monde, grâce à de nombreux tirages.

« Dalou (1838-1902). Le sculpteur de la République »

Petit Palais Musée des beaux-arts de la Ville de Paris, avenue Winston-Churchill, Paris-8e, www.petitpalais.paris.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°658 du 1 juin 2013, avec le titre suivant : Dalou en miniature mais en majesté

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