Dimanche 16 décembre 2018

Cure de jouvence au musée d’Orsay et au Louvre

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 1 février 2006 - 365 mots

De nombreux musées d’art ancien en Europe et aux États-Unis invitent des artistes contemporains à exposer parmi leurs collections. Une vogue qui a atteint le musée d’Orsay et le Louvre.

Cent trente-deux ans. Tel est le nombre d’années qui sépare La Truite (1873) de Courbet et le tableau abstrait Extrêmes (2005) de l’artiste américain Brice Marden. Ces deux œuvres n’auraient jamais dû se côtoyer ? Pourtant elles seront présentées ensemble et face à face pendant trois mois dans le cadre de l’exposition « Correspondances » au musée d’Orsay. Une nouvelle fois, le musée sort de son cadre chronologique (1848 à 1914) en proposant à deux artistes contemporains, Brice Marden et Alain Kirili, d’exposer une de leurs créations face à une œuvre plus ancienne, tirée de la collection du musée.

Deux périodes face à face
Si la première exposition « Correspondances » a eu lieu il y a un an, Serge Lemoine, directeur du musée, favorise depuis plusieurs années la confrontation entre deux périodes historiques. « Ce qui m’intéresse, c’est ce que les artistes d’aujourd’hui ont à me dire, explique le directeur. Ils montrent qu’ils regardent encore les anciens, et que ces derniers ont été vivants, ils mettent en valeur des choses que je n’avais pas vues avant. C’est une nouvelle interrogation. »
Au Louvre aussi, seize ans après la construction de la pyramide de verre de Pei, l’art contemporain fait à nouveau son entrée au musée. Depuis un an, dans le cadre des expositions « Contrepoint », le musée propose un parcours dans un département entier, jalonné par des œuvres contemporaines. Pour la deuxième édition, c’est le département des Objets d’art du Louvre qui est pris d’assaut par dix artistes vivants, en partenariat avec la manufacture de Sèvres, sur le thème de « l’objet d’art à la sculpture ».
« Ce n’est pas seulement une mode ni une provocation » explique Marie-Laure Bernadac, conservatrice en chef et chargée de mission pour l’art contemporain, un poste qui a été créé il y a deux ans. « Les musées doivent répondre aujourd’hui à la globalisation, ce qui demande de dépasser les frontières géographiques et celles du temps. C’est un processus d’évolution inéluctable du musée, il faut à tout prix rétablir le lien entre les œuvres d’aujourd’hui et celles d’hier. »

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°577 du 1 février 2006, avec le titre suivant : Cure de jouvence au musée d’Orsay et au Louvre

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