Culture thaï et Bouddhas

Cent vingt œuvres du Siam à Bruxelles

Le Journal des Arts

Le 16 novembre 2009

À l’occasion du 50ème anniversaire du couronnement du roi Bhu­mibol Adulyadej de Thaï­lande, le Musée du Cinquan­tenaire présente un ensemble de 120 œuvres remontant pour certaines au deuxième millénaire avant notre ère. L’exposition offre un parcours complet de la culture thaï en multipliant pièces rares et chefs-d’œuvre sortis tout exprès de Thaï­lande.

BRUXELLES (de notre correspondant) - L’exposition projette un éclairage à la fois artistique, historique et culturel sur l’omniprésence de l’image de Bouddha dans le culte theravada pratiqué en terre de Siam. À l’inverse du bouddhisme maha­yana, le culte theravada récuse toute référence à ces formes spécifiques que sont les bodhisattavas, sorte d’intercesseurs qui aident l’homme sur terre. En Thaï­lande, seul Boud­dha est sollicité, ce qui expli­que la profusion de ses représentations et l’intensité des rituels qui lui sont dédiés quotidiennement.

Ce thème unique, qui fédère la présentation, permet de mieux appréhender les différences régionales et l’évolution culturelle avant même que la Thaïlande n’apparaisse comme une nation au XIIIe siècle. À travers l’image de Bouddha, une identité s’ébauche que conforte, à partir du VIIe siècle, l’émergence de cités-états. Plu­sieurs chefs-d’œuvre ont ainsi quitté musées et temples de  Bangkok, Ban Kao, Ayut­thaya ou Nakhon Pathom pour témoigner de la richesse culturelle des Môn du centre de la Thaïlande, des Khmer qui ont dominé le sud-ouest du pays entre le Xe et le XIe siècle, ou du royaume maritime sous influence indienne de Srivijaya.

À partir du XIIIe siècle, l’histoire de la Thaïlande est marquée par trois grands royaumes largement représentés dans l’exposition : "Sukhô­thai" (XIIIe-XIVe siècle) et ses grands bronzes graciles aux visages sereins ; "Ayutthaya" (du milieu XIVe siècle à 1767), qui s’illustre par ses représentations richement colo­rées ; "Bangkok" (du XVIIIe siècle à nos jours), jamais colonisé et qui, malgré la présence de comptoirs occi­den-    taux, gardera intac­te sa per-    sonnalité culturelle. Cette     dernière pé­rio­de est représentée dans l’exposition par l’or royal et le travail de la laque sertie de nacre.

En plaçant cha­que pièce dans son contexte historique, en insistant par un diaporama sur la dimension culturelle des œuvres présentées, l’exposition se révèle hautement didactique et permet de mieux appréhender la spécificité de la culture thaïlandaise sans quitter la personnalité fascinante de ces bouddhas multiples et chaque fois différents.

BOUDDHAS DU SIAM. TRÉSORS DU ROYAUME DE THAÁ?LANDE, jusqu’au 16 février 1997. Musées royaux d’Art et d’Histoire, Parc du Cinquantenaire, Bruxelles, tlj sauf lundi 10h-17h, le mercredi 10h-22h30. Entrée : 250 et 120 FB. Catalogue en français et néerlandais, 480 FB.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°30 du 1 novembre 1996, avec le titre suivant : Culture thaï et Bouddhas

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