Coubertin, de bronze et de marbre

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 octobre 2003 - 540 mots

La fondation de Coubertin poursuit un but unique : la culture et la glorification de la forme parfaite, qu’elle soit création artisanale ou œuvre sculptée par un artiste.

Le domaine n’est ouvert au public qu’entre la mi-septembre et la mi-novembre de chaque année. Cette saison lui convient, sous les grands arbres lourds de l’été finissant, déjà teintés d’automne. Au bout de la longue allée, le château du XVIIe siècle appartenait à Mlle Yvonne de Coubertin, nièce de Pierre de Coubertin qui fut à l’origine de la renaissance des Jeux olympiques. Cette belle demeure classique abrite aujourd’hui le siège social de la fondation ainsi qu’une partie de ses collections.
Le concept même de la fondation est né de la rencontre d’Yvonne de Coubertin avec Jean Bernard, rénovateur du compagnonnage du devoir du tour de France, en 1949. Sur le domaine familial des Coubertin, ils ont créé une œuvre chargée du perfectionnement de jeunes manuels, qui se réalise par leur travail dans les ateliers de la fondation : menuiserie, métallerie, taille de pierre et fonderie d’art. Ces ateliers, par leur production, font vivre l’institution tout en lui permettant d’assurer l’entretien des bâtiments et des jardins ainsi que le fonctionnement d’un musée.

Parallèlement, la fondation a une activité importante dans le domaine de la sculpture. Une galerie spécialement édifiée à droite du château permet d’exposer les grandes figures de pierre, plâtre ou bronze. Petits formats et dessins trouvent place dans certaines salles du château. Mais la partie la plus admirable, celle dont tous les visiteurs se souviennent avec émotion, est le jardin des bronzes, conçu par les architectes R. Auzelle et H. Patriotis. Autour des bassins alimentés par un escalier d’eau, le peuple des statues est installé parmi la verdure. Citons seulement de Fenosa Métamorphose 63 qui côtoie des créations moins figuratives dûes à Étienne Martin. Étienne Hajdu est présent à travers l’un de ces personnages tissés de transparences dont il avait le secret, Éléonore. Les calmes figures de Robert Wlérick Rolande ; La Jeunesse ; Méditation contrastent avec les violences de La Gorgone de Karel ou de Pablo Gargallo Urano. Quant à Joseph Bernard, père de Jean Bernard, il occupe la place d’honneur avec la Bacchante au centre d’un bassin, non loin d’une réplique en ciment de la Frise de la danse courant le long du mur. Ici et là se profilent divers personnages, de jeunes hommes Athlète ; Faune dansant, ou silhouettes de femmes, Femme à l’enfant ; Jeune Fille à la cruche ; Jeune Fille se coiffant assise.

D’autres artiste sont évoqués hors du jardin, le puissant Cheval de Bourdelle, élément du monument au général Alvéar et le Taureau mourant de Cardot annoncent l’entrée du château, tandis que la pelouse derrière les bâtiments met en valeur les pures abstractions de Marta Pan. Chaque année, la fondation organise une exposition particulière mettant en vedette un artiste du XXe siècle. Il s’agit cette fois-ci de Joseph Bernard (1866-1931), sculpteur qui a travaillé dans un style proche de l’Art déco en y intégrant quelque chose du symbolisme 1900.

SAINT-RÉMY-LÈS-CHEVREUSE (78), domaine de Coubertin, tél. 01 30 85 69 89. Ouvert du 10 septembre au 16 novembre, du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h. Ouvert le 1er et le 11 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°551 du 1 octobre 2003, avec le titre suivant : Coubertin, de bronze et de marbre

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