Constantinople, la « Nouvelle Rome »

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 22 janvier 2009

Samarcande, Ispahan, Byzance… Il est des villes dont le simple nom est une évocation d’exotisme, de luxe et de passé glorieux.

Pourtant, elle n’était pas particulièrement grandiose, avant que l’empereur Constantin Ier ne jette son dévolu sur elle et décide d’en faire sa capitale, en 330 de notre ère. Il la baptise alors de son propre nom, soit « Constantinople », « la ville de Constantin ». On connaît la suite   ! Pendant un millénaire, les empereurs byzantins n’auront de cesse de parer de monuments prestigieux la cité perçue littéralement comme une « nouvelle Rome ». Car malgré la forte empreinte chrétienne que reçut rapidement la ville, elle conserva longtemps ses monuments antiques    : l’ancien hippodrome fut élargi et orné de statues, le forum de Constantin acquit une dimension symbolique, représentant l’océan comme incarnation des confins du monde.

Située sur une voie commerciale
Mais c’est sous le règne de l’empereur Justinien, au vie siècle, que Constantinople se mit à briller de mille feux. La cité tirait sa richesse de sa position stratégique sur les voies commerciales reliant Orient et Occident. Dotée d’un extraordinaire réseau routier, d’un urbanisme extrêmement sophistiqué, elle faisait l’admiration des ambassades étrangères. Le luxe de son palais ­– « un autre ciel » –, le cérémonial de sa cour, les nombreux trésors conservés dans ses églises impressionnaient les visiteurs de passage. Par son architecture audacieuse et la somptuosité de ses pavements, la basilique Sainte-Sophie acquit définitivement le rang d’emblème de l’Empire.
Même lorsqu’elle tomba aux mains des Latins en 1204, puis sous le joug des Ottomans en 1453, la ville ne cessa d’exercer une influence considérable sur le reste du monde. Ses artistes, peintres et architectes, continuèrent à porter en dehors de ses frontières ses valeurs esthétiques. Loin de s’éteindre, Constantinople devait bientôt renaître de ses cendres sous le nom d’Istanbul, tandis que ses églises se métamorphosèrent en mosquées hérissées de minarets…

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°610 du 1 février 2009, avec le titre suivant : Constantinople, la « Nouvelle Rome »

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