Samedi 17 novembre 2018

Chefs-d’œuvre de la sculpture navale

L'ŒIL

Le 1 juillet 2003 - 357 mots

Les collections du Musée national de la marine constituent le plus important fonds de décorations et de sculptures navales au monde.
En soixante-dix-sept pièces, l’exposition retrace l’évolution de cet art dans les arsenaux français depuis le milieu du XVIIe, jusqu’à son déclin au milieu du XIXe siècle. Tous les navires de guerre en bois étaient parés d’ornements sculptés, dont les plus impressionnants demeurent ceux de la Réale (1694), présentés en ouverture du parcours. Quinze éléments, aux dorures éclatantes, donnent un aperçu du gigantisme et des richesses de ce bateau – à la tête de la flotte des galères de France –, conçu pour symboliser le règne de Louis XIV et en magnifier la gloire. Le roi a su favoriser le développement des arts en y trouvant le moyen d’affirmer sa propre puissance, grâce à l’impulsion donnée par Jean-Baptiste Colbert, ministre d’État chargé du département de la marine en 1669. D’une beauté et d’un luxe saisissants, le décor de la Réale ferait presque oublier la souffrance des milliers d’hommes condamnés aux galères. Les sculptures sont souvent les seuls vestiges des centaines de bateaux construits dans les arsenaux. Elles sont ici accompagnées de dessins préparatoires, de maquettes et de pièces exceptionnelles comme ces projets de figures en cire, d’une extrême fragilité, miraculeusement conservées. L’ornementation des navires n’a pas pour seul objectif l’esthétique et le décoratif. La sculpture doit servir de signe de reconnaissance et indiquer d’emblée l’identité de l’équipage. Sans oublier la fonction protectrice qu’on lui attribuait, d’où le choix pour l’iconographie de figures de divinités ou d’un bestiaire marin fictif. La salle principale met en scène les pièces les plus monumentales, décors de canots d’apparat, figures de poupe et de proue taillées dans la masse. Au centre se dressent le buste du maréchal Jean Lannes (1817), celui d’Abraham Duquesne ou celui d’un Henri IV hiératique, main sur la poitrine (1848), impressionnant du haut de ses trois mètres qui laissent imaginer les dimensions du navire pour lequel il a été sculpté.

« Les Génies de la mer », PARIS, Musée national de la marine, 17 place du Trocadéro, XVIe, tél. 01 53 65 69 69, jusqu’au 2 février 2004.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°549 du 1 juillet 2003, avec le titre suivant : Chefs-d’œuvre de la sculpture navale

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