Charles Mellin à l’heure de la réhabilitation

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 24 juillet 2007

Oublié de l’histoire de la peinture française, ce Lorrain a pourtant été très actif à Rome et à Naples au xviie. Sa redécouverte va peut-être permettre d’éclairer de nombreuses zones d’ombre.

Reprenez vos manuels d’histoire de l’art : vous chercherez en vain. Ni Anthony Blunt, ni André Chastel, pourtant auteurs de livres de référence sur le xviie siècle français, n’ont consacré plus d’une ligne à Charles Mellin (vers 1597-1649), grand oublié de la peinture française. Après Sébastien Bourdon (1616-1671), Jacques Stella (1596-1657, lire L’œil n° 586) et Philippe de Champaigne (1602-1674), le travail des historiens d’art sur la peinture française se poursuit donc avec Charles Mellin, qui fait enfin l’objet d’une réhabilitation.

Dans l’ombre de Simon Vouet et de Nicolas Poussin
Mort célèbre mais sans descendance, gravé de son vivant, le peintre est en effet rapidement tombé dans l’oubli.
Lorrain d’origine, exact contemporain de Georges de La Tour (1593-1652), Mellin fut une victime collatérale de la notoriété de deux de ses contemporains : Simon Vouet (1590-1649) et surtout Nicolas Poussin (1594-1665).
Installé en Italie à vingt ans à peine, il côtoie en effet les deux artistes, cause probable de l’éclipse de son nom à leur profit. Longtemps, plusieurs de ses dessins ont ainsi été attribués à Poussin, que l’historiographie a souhaité mettre en avant comme étant le grand génie de la peinture française.

Une historiographie en train de s’écrire
La méconnaissance de l’art de Charles Mellin s’est aussi accentuée faute de sources. Contrairement à d’autres, le peintre n’a en effet jamais eu de biographe et peu de documents sont parvenus jusqu’à nous sur son travail.
Cette exposition, organisée en partenariat avec le musée des Beaux-arts de Caen, constitue ainsi une première rétrospective sur l’art du Lorrain. Soixante-dix tableaux et dessins ont été réunis pour présenter son œuvre. Un travail ô combien délicat, lorsque l’on sait que plus l’artiste est étudié, plus son catalogue s’amenuise. L’ouvrage publié à l’occasion de l’exposition comprend ainsi plus de soixante tableaux rejetés, soit le double de son œuvre documentée. L’histoire de Charles Mellin et de sa peinture continue donc de s’écrire et cette exposition en constitue l’une des pages.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°592 du 1 juin 2007, avec le titre suivant : Charles Mellin à l’heure de la réhabilitation

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