Jeudi 19 septembre 2019

Montréal (Canada)

Chandigarh-Casablanca, destins croisés

Centre canadien d’architecture jusqu’au 20 avril 2014

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 31 janvier 2014 - 266 mots

Roborative exposition que celle dédiée à ces deux cités érigées dans les années 1950 et emblèmes de la décolonisation.

Si l’Inde de Nehru est déjà souveraine lorsque se dessine le destin de la ville nouvelle de Chandigarh sous le stylet du Corbusier, l’indépendance du Maroc ne sera acquise que dix ans après le lancement du programme de Casablanca. Les enjeux politiques sont alors bien différents de l’entreprise progressiste indienne. Sur la côte Atlantique, Michel Écochard et son équipe franco-marocaine négocient avec les impératifs coloniaux et un dessein social qu’on devine plus coercitif. Si l’intention de départ – pallier la croissance exponentielle des bidonvilles due à l’exode rural – est salutaire, le résultat sévère des barres et pavillons de Casablanca n’est pas sans évoquer l’échec des cités des banlieues françaises.

L’exposition déroule avec appétence la complexité des enjeux géopolitiques, recourant à une cartographie d’une rare intelligence complétée d’une riche documentation. Il est facile de passer des heures à consulter les brochures des Nations unies, à se pencher sur les grilles climatiques du Corbusier et nombre d’études de terrain. Pour l’occasion, le Centre canadien d’architecture de Montréal a passé commande à deux photographes, Yto Barrada et Takashi Homma, dont le fruit de la campagne de prospection visuelle s’étend dans les salles dédiées à chacune des villes réparties de part et d’autre d’une salle introductive. On aurait aimé davantage d’images du quotidien contemporain de Casablanca et Chandigarh pour amener leur analyse dans le champ critique. Ce petit retrait est le seul bémol d’une plongée dans ces grands projets urbanistiques que l’on réalise plus, derniers vestiges d’une utopie architecturale assumée.

« Comment les architectes, les experts, les politiciens, les agences internationales et les citoyens négocient l’urbanisme moderne : Casablanca Chandigarh »

Centre canadien d’architecture, 1920, rue Baile, Montréal (Canada), www.cca.qc.ca

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°665 du 1 février 2014, avec le titre suivant : Chandigarh-Casablanca, destins croisés

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