Lundi 10 décembre 2018

Voyage

C’est la mer qui prend l’homme

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 3 décembre 2004 - 339 mots

Embarquement à la BNF pour une exposition décoiffante autour de l’océan.

 PARIS - Génératrice de rêves autant que de terreur, lieu de tous les fantasmes, symbole de l’infini et de l’inexploré, la mer n’a cessé de fasciner artistes, écrivains et scientifiques. Démonstration à la Bibliothèque nationale de France (BNF) qui explore ce thème pour le moins vaste à travers une multitude de documents, judicieusement mis en scène selon trois grands thèmes : « L’inconnu », « Les colères » puis « Les merveilles de la mer ».
Une mappemonde arabe du XVIe siècle, une miniature du XVe figurant le déluge, une planche issue des aventures de Corto Maltese, les premières photographies sur la mer de Gustave Le Gray, des marines peintes au XVIIIe siècle ou des extraits du film L’Homme d’Aran (1934) de Robert Flaherty nous content le rapport étroit et parfois ambigu que l’homme entretient depuis la nuit des temps avec l’infinitude de l’océan. Terra incognita durant l’Antiquité, la mer fait l’objet d’analyses plus rigoureuses à partir du Moyen Âge avec la multiplication des expéditions. La première traversée de l’Atlantique, les travaux de Magellan et les débuts de l’exploration sous-marine révèlent à l’époque moderne un monde d’une grande richesse, lieu de vie d’espèces incroyables aujourd’hui menacées par la pollution... Jalonnant le parcours, des bornes interactives permettent d’approfondir certaines thématiques et donnent accès à quantité de documents. D’autres écrans installés à la fin de la visite diffusent les témoignages de personnalités tels l’écrivain Jean-François Deniau, la géologue Hélène Ondréas, la navigatrice Isabelle Autissier. Les visiteurs peuvent encore s’installer confortablement pour écouter des morceaux de musique classique (Haendel, Marin Marais ou Debussy), des chansons populaires, ou lire des ouvrages que l’établissement laisse à disposition du public. Un parcours vivant et cohérent à la hauteur des précédentes manifestations de la BNF consacrées à Victor Hugo, Zola ou Berlioz.

LA MER, TERREUR ET FASCINATION

Jusqu’au 16 janvier 2005, Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, quai François-Mauriac, 75013 Paris, tlj sauf lundi, 10h-19h et 12h-19h le dimanche. Catalogue, éditions BNF/Le Seuil, 196 p., 50 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°204 du 3 décembre 2004, avec le titre suivant : C’est la mer qui prend l’homme

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