Bruxelles (Belgique)

Centrale éclectique

Centrale for Contemporary Art Jusqu’au 28 août 2016

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 27 juin 2016

Le monde est hyper connecté. Les maisons communiquent avec les ordinateurs, qui communiquent avec les smartphones, qui communiquent avec les montres, qui échangent avec le corps, etc. Et les artistes dans tout cela ?

Ils le sont eux aussi, à leur manière, dit en substance l’exposition de la Centrale à Bruxelles, qui mélange des artistes de tous horizons : photographes, plasticiens, artistes numériques et artistes bruts. L’exposition s’ouvre avec la série à la chambre photographique des compteurs électriques de Thomas Gronon. Elle se poursuit avec le corps-machine de Fritz Kahn (1888-1968), médecin allemand qui a comparé le fonctionnement du corps humain à une usine, ce qui, mit numériquement en mouvement par le graphiste Henning Lederer, ne manque pas d’humour. De l’humour, il y en a aussi chez Wim Delvoye, dont les dessins pour les différentes Cloaca (ces machines reproduisant la digestion humaine) voisinent avec « l’usine » de Kahn. Cette fois, ce n’est plus le corps qui devient machine, mais la machine qui se fait corps. Il n’est en revanche plus question de machines dans les dessins de Lubos Plny, mais de flux : les réseaux de traits rouges et bleus font étrangement écho aux échanges fonctionnels du corps-usine de Kahn et à la précision clinique des dessins de Delvoye. Retour à l’imagerie médicale avec Orlan, qui, via son avatar Bump Load, réalise un strip-tease littéralement jusqu’à l’os. L’exposition s’enchaîne, comme cela, avec Roman Opalka, Tomá Saraceno, Nam June Paik, etc. Ce qui, sur le papier, ne devait pas fonctionner opère comme par magie à la Centrale. Les artistes sont bel et bien connectés : entre eux d’abord, puis, ensuite, à la machine, au monde ou aux forces surnaturelles, comme les mannequins d’Henry Ughetto qui, traumatisé par son expérience de mort clinique, entreprit de réaliser des corps imputrescibles faits d’objets et d’œufs factices. Signe que, pour les dix ans du lieu, le courant passe toujours dans l’ancienne centrale électrique de Bruxelles.

Connected

Centrale for Contemporary Art, place Sainte-Catherine, Bruxelles (Belgique), www.centrale.brussels

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°692 du 1 juillet 2016, avec le titre suivant : Centrale éclectique

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