Lundi 17 décembre 2018

Catherine II

Sa collection impériale

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 avril 2006 - 334 mots

Clou de l’exposition, le carrosse de couronnement des tzars est arrivé à Montréal, où sont regroupés plus de deux cents chefs-d’œuvre du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, tous choisis parmi les collections de l’impératrice Catherine II (1729-1796). Elle-même a utilisé le carrosse pour son sacre en 1762. Celle que ses contemporains plaçaient parmi les « grands hommes », l’amie des meilleurs esprits du siècle des Lumières, Voltaire, Diderot, d’Alembert, fut une collectionneuse insatiable. Elle croyait en la valeur de l’art pour hisser la Russie au faîte de la modernité européenne.
L’impératrice acheta en Europe des collections prestigieuses – Crozat, Walpole – et des valeurs sûres – Poussin et un admirable Claude Lorrain, Le Christ sur la route d’Emmaüs. Conseillée par Diderot, elle commandait des œuvres aux artistes de son temps, tel son Portrait à cheval, et au sculpteur français Falconnet, la magistrale Statue équestre de Pierre le Grand.
Tous les peintres connus du XVIIIe figurent dans ses collections, notamment Chardin (Nature morte aux attributs des arts), Greuze et l’Allemand Mengs, alors très apprécié. Pour ses palais, elle acheta des meubles luxueux. En Russie, elle fonda une Académie des beaux-arts en 1757, protégea toutes les manufactures, acheta du matériel neuf, créa des bibliothèques et favorisa les échanges d’artisans avec l’étranger.
Dans la « Chambre des diamants », son trésor personnel du palais d’Hiver, les murs étaient tapissés de vitrines remplies de bijoux, futurs cadeaux. Les montres, les tabatières serties de pierreries, provenant des meilleurs joailliers, étaient parfois ornées du portrait de l’impératrice. Bagues et bracelets devaient dire la richesse de l’empire. La souveraine avait une passion pour les pierres gravées, intailles et camées. C’était sa « fièvre des camées », un désir insatiable.
Sa collection, la plus importante du monde, ne la quittait jamais, mais les plus belles pièces scintillent maintenant de tous leurs feux à Montréal.

« Catherine la Grande : un art pour l’empire. Chefs-d’œuvre du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg », musée des Beaux-Arts de Montréal, du 2 février au 7 mai 2006.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°579 du 1 avril 2006, avec le titre suivant : Catherine II

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