Casablanca, histoire d’un mythe

L'ŒIL

Le 1 mai 1999 - 253 mots

Monique Eleb et Jean-Louis Cohen offrent avec ce livre remarquable et cette exposition, le fruit de 10 ans de recherche pour faire resurgir la mythique ville blanche. Une ville coloniale qui fut un vrai laboratoire pour l’architecture moderne car les architectes y osèrent des fantaisies ou des solutions plus radicales.
Les auteurs nous enchantent avec l’évocation des années 50, ses cinémas, ses garages, ses aérogares ou ses promenades de bord de mer et certains bâtiments aérodynamiques façon spoutnik comme ceux de Jean-François Zévaco. Mais le plus neuf et passionnant est peut-être le récit de la construction des diverses villes « indigènes », souci d’un habitat populaire, né après avoir « vidé » la vieille Médina du centre, pour (hypocritement) reloger les ouvriers et détruire les taudis. En fait pour éloigner le Marocain de la ville européenne et éviter « le maximum de friction ». S’élèvent ainsi les quartiers des Habous et, plus tard, de Bousbir, étranges quartiers où aucune mosquée, aucun bazar, aucun hammam ne manquent et où le pittoresque est plus vrai que nature ! On voit aussi Casablanca, la métropole du commerce à l’urbanisme expérimental et complexe, mettre en valeur au fil des pages, sans nostalgie mais avec réalisme, « un répertoire de formes et d’espaces d’une extraordinaire variété, dans lesquels les principaux courants de la modernité auront trouvé des occasions fécondes ».

Fondation Electricité de France, 28 mai-18 juillet. À lire : Monique Eleb et Jean-Louis Cohen, Casablanca, mythes et figures d’une aventure urbaine, 480 p., éd. Hazan, 350 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°506 du 1 mai 1999, avec le titre suivant : Casablanca, histoire d’un mythe

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