Jeudi 12 décembre 2019

Brian Wilson Surfin’ Capc

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 28 janvier 2008 - 387 mots

Le Capc se plonge dans la personnalité trouble du fondateur du groupe de plagistes californiens, les Beach Boys, en faisant appel aux œuvres de leur temps pour dresser un portrait subjectif.

 «Si tout le monde avait un océan », première phrase du mythique Surfin’ USA, l’hymne californien des Beach Boys, est aussi une exposition. Attention, rien à voir avec les expositions musicales de La Villette, il ne s’agit nullement d’une rétrospective du groupe phare des années 1960. Le commissaire Alex Farquharson, directeur du futur centre d’art contemporain de Nottingham et passionné par le groupe, n’a pas non plus concocté d’hagiographie du membre fondateur le plus génial des Beach Boys, Brian Wilson.
Point de casques audio tous azimuts, ni de débauche technologique, de posters et images d’archives, de musique sucrée tonitruante dans les espaces monumentaux du Capc mais un parcours volontairement intuitif dans l’art des années Beach Boys. Trente-deux artistes ont été réunis à ce dessein, certains contemporains de Wilson, d’autres plus jeunes ; la plupart étant installés à Los Angeles.

Biographie non autorisée
« If Everybody Had an Ocean » est donc un portrait en creux du compositeur, producteur, bassiste et chanteur du groupe star de la Côte Ouest et le portrait-robot de l’art de Los Angeles, enclin aux mélanges contre nature et allergique aux hiérarchies, dont la pratique finit par dépasser les limites de la ville babylonienne. L’exposition parle bien de tout cela, sans principe didactique, ni même rigueur chronologique et historique.
Libre au spectateur de se focaliser sur la personnalité saturnienne de  Brian Wilson, garçon mal dans sa peau, frappé par une première dépression dès 1964 qui le conduit à refuser de jouer en public, avant de vivre reclus entre 1967 et 1973, drogué, au bord de l’accident psychologique et obèse. Mais on peut aussi glisser avec bonheur dans l’exposition sans être un groupie de Brian Wilson et déambuler dans le parcours chromatique, entre les peintures et les vidéos, les sculptures et les photographies. Apprécier l’accrochage séduisant et intelligent, découvrir des artistes rarement exposés en France ; la force et la réussite de cette manifestation résident dans le plaisir non dissimulé du commissaire, un plaisir contagieux qui laisse venir la théorie avec simplicité.
« If Everybody... »  en met plein les yeux et assume. À l’instar de la Californie, éblouissante, décontractée, solaire mais loin d’être stupide et superficielle.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°599 du 1 février 2008, avec le titre suivant : Brian Wilson Surfin’ Capc

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