Barye, "le Michel-Ange de la Ménagerie"

Sculptures et dessins au Louvre

Le Journal des Arts

Le 23 novembre 2009

Au Louvre, une centaine d’œuvres viennent illustrer l’aspect le plus connu de Barye, l’art animalier. De nombreuses sculptures, mais aussi des dessins, aquarelles et peintures, d’un exotisme souvent délirant, font revivre un des grands artistes du XIXe siècle.

PARIS. "Tout le monde connaît Barye pour ses petits bronzes animaliers, mais son art est défavorisé par des éditions multiples qui ne sont pas d’une grande qualité, assure Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, conservateur en chef au département des Sculptures et commissaire de l’exposition. Le Louvre est le lieu idéal pour montrer ce qu’est Barye". Le musée est en effet doté d’une très riche collection provenant essentiellement des donations Thomy Thiéry et Zoubaloff.

Négligé par les milieux officiels, Barye n’a été soutenu, à l’origine, que grâce au mécénat des Orléans. Personnage sédentaire, solitaire et discret, il semble qu’il n’ait voyagé qu’à travers les peintures et gravures de l’école anglaise qui l’ont inspiré. À ses débuts, il a fréquenté les ateliers de graveurs, ciseleurs et orfèvres avant d’entrer chez Gros où il s’intéresse à la figure animale.

La présentation thématique adoptée rend très sensible l’évolution de l’artiste entre les fougueux groupes de jeunesse (Tigre dévorant un gavial), caractéristiques de l’épo­que romantique (Cerf terrassé par deux lévriers), et les compositions plus calmes de la maturité. Autour du thème du Lion au serpent (Lisieux, Louvre) seront réunies les diverses étapes participant à la genèse de l’œuvre : esquisses, modèles en plâtre, souvent retouchés à la cire, chefs modèles, bronzes d’édition ou fontes à la cire perdue. Viendront ensuite les combats d’animaux (Tigres et antilopes, Tigre attaquant un cerf). Une troisième salle sera consacrée aux oiseaux – aigle, hibou, milan –, avec présentation d’un chef modèle éclaté (matrice servant à mouler les différentes parties d’un bronze). Les fauves, grands favoris de Barye, termineront ce parcours, notamment les quatre plâtres tardifs du palais Longchamp à Marseille. D’éton­nants dessins anatomiques, moins connus que ses bronzes, renvoient au travail sur le motif, au sein même des ménageries. Car le sculpteur a beaucoup dessiné, non seulement des animaux vivants, mais aussi des bêtes mortes et disséquées qu’il mesurait consciencieusement. Ces cotes étaient alors reportées sur ses dessins (fonds de l’École nationale supérieure des beaux-arts), qui lui fournissaient une base solide pour recréer par la suite, à l’aquarelle, des combats... en forêt de Fontainebleau ! Quelques moulages d’animaux morts, également issus de son atelier, confirment encore ce côté méticuleux, rassuré par des preuves tangibles, de celui que Théophile Gauthier appelait "le Michel-Ange de la Ménagerie".

LA GRIFFE ET LA DENT. SCULPTURES D’ANIMAUX PAR ANTOINE-LOUIS BARYE (1795-1875), 16 octobre-13 janvier, exposition-dossier du Musée du Louvre, aile Richelieu, tlj sauf mardi 9h-17h15, mercredi 9h-21h30. Catalogue éditions RMN, 144 p., 150 F. L’exposition ira ensuite au Musée des beaux-arts de Lyon.

ANIMAUX EN MOUVEMENT, cycle de films (J. Tourneur, A. Hitchcock, J. Huston, N. Ray, R. Rossellini...) en liaison avec l’exposition, du 3 au 14 octobre à l’Auditorium du Louvre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°29 du 1 octobre 1996, avec le titre suivant : Barye, "le Michel-Ange de la Ménagerie"

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