Baroquissimo !

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 août 2007

Si la définition du baroque continue de diviser les spécialistes, que dire de ce néologisme ! Signifie-t-il que le baroque serait de retour au xxie siècle ? L’exposition opère comme une concordance des temps entre un xviie exubérant et conquérant et notre époque. Le baroque évoque architectures et décors grandiloquents, irrégularités surjouées et capricieuses. Le terme, encore entaché d’une connotation péjorative, resurgit donc à travers huit artistes et quatre thèmes, grandes caractéristiques de l’époque baroque qu’est la fête à la vanité, de la géographie à l’infini.
Le point commun entre tous les artistes, c’est bien la liberté que chacun prend avec son sujet. Si David Renaud configure de nouveaux territoires qu’il cartographie, il aime aussi réaliser d’époustouflantes maquettes de reliefs, comme ces Trois pitons de la Guyane française en moquette bleue. L’exposition a parié sur un dialogue formel contrasté, jouant jusqu’au bout son caractère
baroque et hors normes. Les toiles figuratives de Gaël Davrinche n’ont en effet pas le même univers que les photographies de Stéphane Couturier de chaînes de fabrication automobile ou même, la vidéo de Stephen Dean, tournée en Inde pendant le festival de Holi. Le plus baroque dans l’affaire ? Assurément Oliver Ross et son univers épileptique aux couleurs fluo. En contrepoint, la rigueur géométrique de Morellet rappellera que le XVIIe fut aussi celui de la tempérance janséniste de
Philippe de Champaigne.

« Baroquissimo », fondation pour l’Art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, château d’Arenthon, Alex (74), www.fondation-salomon.com, tél. 04 50 02 87 52, jusqu’au 10 juin 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°590 du 1 avril 2007, avec le titre suivant : Baroquissimo !

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