Vendredi 22 février 2019

Auguste Ravier autodidacte

Une fascination pour les couchers de soleil

Le Journal des Arts

Le 1 mars 1996 - 327 mots

Cent quarante œuvres, allant des années italiennes méconnues aux couchers de soleils à Morestel : la rétrospective Auguste Ravier (1814-1895) permet de découvrir la persévérance d’un autodidacte reconnu.

LYON (de notre correspondant) - À la charnière du romantisme et du réalisme, Auguste Ravier, après quelques années passées en Italie, ne quitta plus Crémieu et Morestel, dans le Dauphinois. Pourtant, autodidacte, il fut un peintre novateur, entièrement dévoué à ses recherches :"Je tente tout parce que j’ai la soif de l’inconnu, la folie de la recherche, mais c’est là ma valeur. C’est imparfait, mais ce n’est pas lieu commun", expliquait-il.

S’il côtoya un temps Corot, qu’il considérait comme un maître, Auguste Ravier sut développer un travail personnel qui lui attira la reconnaissance de ses pairs. Carrand, Vernay, Fontenesi, mais aussi Corot et Daubigny vinrent dans sa campagne et s’exercèrent à peindre ses paysages de prédilection. Auguste Ravier a gardé une fascination pour la nature, et plus particulièrement pour les ciels et les couchers de soleil :"Tout est dans le ciel. Les nuages et l’atmosphère me grisent. Toujours nouveau. C’est l’inépuisable, c’est l’infini. Il est des jours, je crois, où personne n’a vu ce que je vois et senti ce que je sens".

Pour l’historien de l’art Jean Leymarie,"sans anecdote ni description, le paysage est vraiment devenu pour lui le reflet de ses états d’âme et le journal de sa vie intérieure".
 
Curieusement, Auguste Ravier pratique la peinture comme une notation directe, et réserve à l’aquarelle les élans de son imagination. Mais dans tous les cas, il veut, à l’instar de Delacroix à qui il a souvent été comparé, exalter la lumière comme la couleur. Il s’approche aussi de Turner, pour qui il se déplaça jusqu’à Londres et dont il dira :"Je veux enfoncer Turner, avec lequel je me sens plus d’analogie qu’avec tout autre".

FRANÇOIS-AUGUSTE RAVIER, Musée des beaux-arts de Lyon, jusqu’au 28 avril, ouvert du mercredi au dimanche de 10h30 à 18h. Catalogue 195 F, éd. RMN.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : Auguste Ravier autodidacte

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