Lundi 10 décembre 2018

Au temps de Lotto

Au XVIe siècle, Bergame s’ouvre à l’art vénitien

Le Journal des Arts

Le 27 avril 2001 - 459 mots

Après « Lorenzo Lotto » en 1998, l’Accademia Carrara élargit le propos en resituant l’artiste dans le contexte bergamasque. Forte de ses liens avec Venise, Bergame attire, dans les premières décennies du XVIe siècle, des artistes qui amènent avec eux la culture picturale vénitienne. À travers une cinquantaine d’œuvres, l’exposition évoque ce bref moment d’effervescence artistique.

BERGAME (de notre correspondante) - Dans les premières décennies du XVIe siècle, trois peintres originaires de Bergame reviennent de Venise pour s’installer dans leur ville : Andrea Previtali, Giovanni Cariani et Palma Vecchio. Ces années furent celles d’un extraordinaire épanouissement artistique à Bergame ; ce n’est pas le fruit du hasard puisqu’en 1512, la cité choisit définitivement de s’allier à la Sérénissime. Les relations, y compris culturelles, avec Milan sont rompues, et si, jusqu’alors des artistes de la maison Sforza, comme Vincenzo Foppa, Giovanni Antonio Amadeo ou Bergognone, y avaient travaillé, Bergame s’affirme dorénavant comme une cité vénitienne.

L’arrivée dans la ville d’Andrea Previtali en 1511, puis de Lorenzo Lotto – dont la première grande commande, la Pala Martinengo, est achevée en 1516 –, celle enfin de Cariani en 1517, coïncident avec l’envoi depuis Venise de la première œuvre de Palma Vecchio. Cette Renaissance sera éphémère, puisque, au cours des années 1520, Cariani, puis Lotto, repartent... avant que la mort de Previtali, en 1528, ne sonne le glas d’une époque.

Étant donné la brièveté de ce moment, les commissaires de l’exposition ont préféré un parcours thématique à un déroulement chronologique. Au rez-de-chaussée, se trouve une seule œuvre, Le Baptiste avec des saints d’Andrea Previtali. Au premier étage, les thèmes profanes sont partagés en plusieurs sections respectivement consacrées à la représentation du dévot, commanditaire des œuvres d’art, à travers : le portrait dans sa double acceptation d’étude psychologique et physionomique du visage et de message sur la position sociale ; la dévotion privée, avec les autels domestiques ; et enfin le portrait officiel, souvent de groupe, exaltant le rôle des personnages. Au deuxième étage, un itinéraire sacré mène le visiteur de polyptyques en retables. Des tableaux de petites dimensions, comme des prédelles ou des peintures non destinées à l’usage rituel, complètent ce panorama.

Cette exposition témoigne de la volonté de mettre en valeur le patrimoine de cette région, l’un des plus riches de l’Italie septentrionale. En effet, autour de la manifestation, des itinéraires invitent à découvrir des œuvres conservées dans des églises et des paroisses en dehors de la ville, souvent accrochées au flanc d’un vallon, gardiennes de véritables trésors. Accessoirement, ce circuit permet de limiter les déplacements physiques des tableaux.

- Bergame. L’autre Venise. La Renaissance À l’époque de Lorenzo Lotto (1510-1530), jusqu’au 8 juillet, Accademia Carrara, Via San Tomaso 53, Bergame, tél. 39 035 39 95 57, tlj sauf mardi 9h30-12h30, 14h-17h30.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°126 du 27 avril 2001, avec le titre suivant : Au temps de Lotto

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