Jeudi 13 décembre 2018

Artistes et galeries à travers le monde (7 janvier 2000)

L’actualité de l’art contemporain

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 7 janvier 2000 - 1026 mots

LONDRES
La galerie Westland Place est installée depuis septembre 1999 dans un ancien entrepôt. Originale, elle abrite un café où l’on peut aussi acheter des revues d’art. L’endroit ressemble autant à un centre d’art qu’à une galerie commerciale. Jusqu’au 8 janvier, elle présente « Confederacy of Pleasures », qui réunit dix artistes. Jason Coburn, Sophie Hayes et Eva Benallson réalisent des travaux sur un grand nombre de supports liés à leurs propres insécurité et particularités. La manifestation est accompagnée d’un programme de performances et d’interventions. À partir du 14 janvier, la galerie accueille la première exposition au Royaume-Uni d’Emmanuelle Mafille. Le travail de la Française comprend en particulier des dessins aux traits fluorescents représentant adolescents et androgynes.

Gallery Westland Place, 13 Westland Place, Londres, tél. 44 207 251 6456, jusqu’au 8 janvier, puis 14 janvier-19 février

LUXEMBOURG
Escalade est-il écrit en néon sur un mur, une pièce de Claude Lévêque. Cette œuvre donne le ton de l’exposition « premilleniumtension » organisée à Luxembourg par l’agence d’art contemporain Stéphane Ackermann. Ce dernier a réuni des créations de douze artistes, parmi lesquels Larry Clark, Jean-Luc Moulène, Éric Poitevin, Marylène Negro et Cindy Sherman. Tandis qu’Alberto Sorbelli nous propose d’entrer chez lui, Alain Declercq pousse l’érotisme à son comble avec sa pendaison/érection.

Stéphane Ackermann agence d’art contemporain, rue Adolphe-Fischer n° 134, Luxembourg, tél. 352 48 38 87, jusqu’au 12 février

Francis Alys expose à la Lisson Gallery ce que l’artiste qualifie de « succession de notes et de guides », une exploration de Mexico City. Un « slide show » se concentre sur les chiens et les hommes qui dorment dans la rue. Un documentaire d’une durée de douze heures tire son sujet d’un mât dans le Zocalo, le parc principal de la ville, qui a été redessiné à l’époque révolutionnaire pour accueillir de grands spectacles de propagande.

Lisson Gallery, 52-54 Bell Street, Londres, tél. 44 207 724 2739, jusqu’au 29 janvier

Les méticuleuses scènes en papiers découpés de David Thorpe sont connues pour donner un sens du sublime à ses mornes paysages de centre-ville. Mais son nouveau travail, dévoilé chez Maureen Paley Interim Art, montre un David Thorpe s’éloignant des tours et des vues nocturnes pour de grands scènes d’extérieur dans des tons kakis et gris. Ses découpages sont devenus plus complexes, et ses œuvres ont une qualité de peinture en série. Cependant, le facteur humain reste présent, tant dans les immeubles modernistes que les petites caravanes perchées sur un rocher, à la Caspar David Friedrich.

Maureen Paley Interim Art, 21 Herald Street, Londres, tél. 44 207 729 4112, jusqu’au 23 janvier

NEW YORK
La photographie en grand format est devenue un genre à part entière, souvent créée sur le principe du « plus elle est grande, plus elle est chère ». L’un des maîtres incontournables du domaine, Andreas Gursky, présente une nouvelle série comprenant des pages du roman de Musil, L’Homme sans qualités, à la fois particulier et conceptuel, un paysage textuel littéral.

Matthew Marks
, 523 West 24th Street, New York, tél. 1 212 243 0200, jusqu’au 15 janvier

David Zwirner expose les œuvres de Raymond Pettibon, un artiste qui ne réalisait que des dessins avant que ses curieux écrits « quasi-poèmes » ne le rattachent à une autre tradition. Son grand corpus d’œuvres, succession sans fin d’esquisses à l’encre accompagnées d’écrits, a créé son propre univers qui s’étend de façon exponentielle à chaque exposition, prenant le parti d’une métaphore personnelle et universelle.

David Zwirner, 43 Greene Street, New York, tél. 1 212 966 9074, 13 janvier-12 février

La série de portraits de femmes japonaises de Manabu Yamanaka est intitulé « Gyahtei », l’un des quatre stades bouddhistes de la souffrance. Ces nus grandeur nature de très vieilles femmes, nonagénaires pour la plupart, sont très choquantes dans le contexte de la photographie de nu, dont les conventions sont toujours strictement encadrées.

Stefan Stux, 529 West 20th Street, New York, tél. 1 212 532 1600, jusqu’au 22 janvier

PARIS
James Turrell est un dompteur de lumière, domaine qu’il a abondamment décliné depuis quelques années, notamment en France. Pour son exposition chez Almine Rech, il est pour ainsi dire passé du grand au petit écran, du cinéma à la télévision. La couleur pure laisse la place à un scintillement coloré. Ses œuvres ont perdu en profondeur et en poésie, elles ont quitté une certaine intemporalité pour nous replonger dans notre quotidien.

Galerie Almine Rech, 24 rue Louise-Weiss, 75013 Paris, tél. 01 45 83 71 90, jusqu’au 26 février

SAINT-PAUL-DE-VENCE
En ces temps de chiffres ronds, Ben explore une fois encore le thème de la temporalité, déjà présent dans une pièce exposée ici et datant de 1961. La galerie Catherine Issert a rassemblé soixante-cinq œuvres de toutes dimensions et dévoile une nouvelle édition, intitulée L’instant présent, qui réunit une toile et un métronome.

Galerie Catherine Issert, 06570 Saint-Paul-de-Vence, tél. 04 93 32 96 92, jusqu’au 31 janvier

TRETS
Les œuvres de Guillermo Kuitca sont rarement montrées en France, même si son travail, exposé dans la sélection de la Documenta IX à Cassel, en 1992, suscite un certain intérêt. Poursuivant une collaboration débutée à Amsterdam en 1990, la galerie La Serre Barbara Farber présente un ensemble exceptionnel d’œuvres inédites sur le thème du théâtre.

La Serre Barbara Farber, château Vallat, route de Saint-Maximin, 13530 Trets, tél. 04 42 29 45 49, jusqu’au 15 janvier

ZURICH
L’exposition de Karen Kilimnik propose des petites peintures à l’huile, des dessins et des photographies, présentés dans un accrochage dense. Beaucoup de ces travaux traitent du ballet et de la danse, un monde auquel l’artiste s’est intéressée ces derniers mois et qu’elle n’a cessé de fréquenter. Elle a observé de grandes compagnies et pris des photographies de répétitions et de spectacles du ballet de Zurich. Ses paysages sont aussi liés à ce domaine quand ses huiles deviennent des décors de scène. Pour la première fois, Karen Kilimnik dévoile une de ses vieilles ambitions : réaliser la chorégraphie d’un ballet. Ses projets pour The Bluebird. My ballet, the Bluebird with Rudolph Nureyev et The Snow Queen. My ballet, the Snow Queen with Rudolph Nureyev sont montrés à Zurich. Elle espère ainsi que son rêve pourra devenir réalité.

Galerie Hauser & Wirth & Presenhuber, Limmatstrasse 270, Zurich, tél. 41 1 446 80 60, 15 janvier-15 mars

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°96 du 7 janvier 2000, avec le titre suivant : Artistes et galeries à travers le monde (7 janvier 2000)

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