Mercredi 12 décembre 2018

Artistes et galeries à travers le monde (17 mars 2000)

L’actualité de l’art contemporain

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2000 - 775 mots

LONDRES
Depuis des années, Tony Oursler explore notre subconscient. Les nouvelles œuvres qu’il présente à la Lisson Gallery comprennent une grande installation vidéo dont le sujet relève aussi bien de la camera obscura et de la redéfinition de la perspective que de la description publique et privée du bien et du mal. Des démons de verre apparaissent en vidéo projection, une roue de couleur tournante est recouverte de visages en train de parler, accompagnés par la projection d’un homme bataillant pour se libérer d’une bouteille en verre. Cette imagerie, issue des programmes de télévision, est complétée par les thèmes plus privés du diable et de l’aliénation, pour créer un environnement dans lequel rien n’est fixé ni définitif.

Lisson Gallery, 52-54 Bell Street, Londres, tél. 44 171 724 2739, jusqu’au 20 avril

La cigarette semble être devenue un sujet à la mode dans l’art contemporain. Damien Hirst a exposé un cendrier rempli de mégots, Tracey Emin en a jeté autour de son fameux « lit », et Sarah Lucas fait actuellement la promotion de la nicotine dans sa nouvelle exposition chez Sadie Coles. « The fag show » montre ainsi un gilet de sauvetage recouvert de cigarettes et deux grands autoportraits de l’artiste. Comme un célèbre « accro » au tabac – Sigmund Freud – pourrait le confirmer, fumer est une activité symbolique. Aussi n’est-il pas étonnant que Sarah Lucas, dont l’art joue pour beaucoup sur nos pouvoirs d’association, expose en même temps au Freud Museum à Hampstead.

Sadie Coles HQ, 35 Heddon Street, Londres, tél. 44 171 434 2227, jusqu’au 18 mars ; Freud Museum, 20 Maresfield Gardens, Londres, tél. 44 171 435 2002, 9 mars-12 avril


PARIS
Yvon Lambert vient de rouvrir sa galerie après deux mois de travaux conduits sous la direction de l’architecte Christian Biecher. Les anciennes réserves ont fait place à des espaces modulables adaptés notamment à la présentation d’œuvres vidéo, indispensables aujourd’hui. Les bureaux ont été déplacés et un comptoir aménagé, où sont proposés à la vente les catalogues des artistes de la galerie. Un écran vidéo a également été intégré dans le mur d’entrée, où défilent les informations sur le programme des expositions. Plus qu’un toilettage, il s’agit d’une véritable mise à niveau de l’espace d’Yvon Lambert sur celui de ses confrères américains. Pour cette inauguration, le marchand a choisi de proposer, sous le titre « Sentimental », un accrochage de quelques artistes maison : Christian Boltanski, Douglas Gordon, Jenny Holzer, Koo Jeong-a, Barbara Kruger, Bertrand Lavier, Firenza Menini, Jonathan Monk, Liisa Roberts, David Shringley, Niele Toroni et Lawrence Weiner.

Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris, tél. 01 42 71 09 33, jusqu’au 25 mars

Marian Goodman présente, jusqu’au 1er avril, deux créations de James Coleman. L’artiste, qui s’est fait connaître par ses grandes installations multimédias, films et diaporamas, joue toujours sur la perception, sur le décalage entre le langage et la vision, tout en inscrivant sa démarche dans une certaine tradition littéraire irlandaise. La culture de ce pays joue en effet un rôle central dans son travail, à l’image de la première pièce exposée à Paris, une diapositive évoquant un paysage, en l’occurrence un Connemara Landscape. Au sous-sol, dans un aménagement sur mesure, il diffuse son dernier diaporama, Photograph (1998-1999). Ici, les images se succèdent pendant 19 minutes, dans des fondus enchaînés parfois abstraits, accompagnés de commentaires en voix off dits par des adolescents. Poétique et mystérieuse, cette œuvre montre un Coleman navigant toujours entre arts plastiques et théâtre.

Marian Goodman Gallery, 79 rue du Temple, 75003 Paris, tél. 01 48 04 70 52, jusqu’au 1er avril

Nouvelle venue dans le circuit parisien, la galerie Romain Larivière propose la première exposition en France de Fernando Sánchez Castillo, qui avait notamment été invité par Catherine Grenier, l’été dernier, à participer à « Abracadabra » à la Tate Gallery de Londres. Ce jeune Espagnol, né en 1970, présente des maquettes en bois de la série des Small Toys. La Tribune (1993), par exemple, est un petit podium accompagné du son d’un discours de Franco. Il a aussi conçu une œuvre reproduisant des tempêtes en dimension réduite, son Shipwreck Simulator (1997).

Galerie Romain Larivière, 79 rue du Temple, 75003 Paris, tél. 01 42 72 80 77, jusqu’au 8 avril


VEVEY
Antoinette Ohanessian expose pour la première fois en Suisse, chez François Rivier. Elle y présente une série de pièces spécialement réalisées pour l’occasion, qui allient, dans la continuité de son travail, des matériaux tels que carton et bois et des phrases tout aussi simples, à l’exemple de celle-ci : »Quand on pose une chose contre une autre, elles se touchent ».

Galerie François Rivier, rue du Panorama 14, Vevey, tél. 41 21 923 61 23, jusqu’au 25 mars

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°101 du 17 mars 2000, avec le titre suivant : Artistes et galeries à travers le monde (17 mars 2000)

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