Samedi 17 février 2018

Artistes et galeries à travers le monde (13 juin 1997)

L’actualité de l’art contemporain

Le Journal des Arts

Le 2 octobre 2009

BERLIN

En collaboration avec l’Afaa et l’Institut français de Berlin, et parallèlement à la Documenta X, la galerie Wohnmaschine expose dans des espaces urbains la série Trauerspiel, des œuvres sérigraphiées de Suzanne Lafont. À l’intérieur de la galerie, deux tableaux ayant pour sujet un voyage entre Francfort et Berlin complètent la série et alimentent cette réflexion sur la notion d’espace public et d’espace privé.
Galerie Wohnmaschine, Tucholskystr. 36, 10117 Berlin, tél. 49 30 30 87 20 15, 1er juillet-31 juillet

BRUXELLES

Patricia Kinard dévoile son univers fantasmatique chez Christine Colmant. L’objet s’y fait moins présent. Il semble avoir regagné les profondeurs de l’inconscient que l’artiste, en disciple de Jung et de Landuyt, explore depuis près de quinze ans. Assagissement ou besoin de dépouillement, Patricia Kinard joue de surfaces essentielles pour traduire des paysages suspendus entre rêve et réalité. Griffes et glacis révèlent une existence à la fois cérébrale et suave.
Christine Colmant, 27 rue du Collège, 1050 Bruxelles, tél. 32 2 647 84 14, jusqu’au 26 juin

Gille-Stiernet accueille jusqu’au 28 juin un ensemble de dessins d’André Lambotte. Fort de l’expérience graphique d’un Dotremont, Lambotte a mis au point un mode d’expression personnel qui se reconnaît moins dans le lyrisme gestuel que dans le murmure minimaliste. Aux épanchements d’une écriture déliée, le dessinateur préfère le jeu en série de fines griffes, précises et acérées, qui font de l’image une trame. Identique, mais sans cesse différente, celle-ci raconte l’histoire de milliers d’éléments qui se rencontrent, se croisent, s’affrontent ou se fondent en une même présence. L’ensemble renonce alors au noir ténébreux aussi bien qu’au blanc incandescent. Lambotte, en homme des foules, aime le gris et la pénombre. Il y voit une promesse d’anonymat, un signe de rigueur, l’élégance d’une pudeur.
Gille-Stiernet, 27 avenue de l’Armée rouge, 1040 Bruxelles, tél. 32 2 734 08 03

LONDRES

Deux grands classiques, Robert Frank et Harry Callahan, sont exposés chez Hamilton, ainsi qu’un jeune artiste, Lucas Samaras. Les tirages d’époque – les "vintages" – du livre de Robert Frank Les Américains (1959) sont rares. D’origine suisse, Frank est le premier photographe étranger à avoir obtenu la bourse du Guggenheim. Son voyage en 1955-1956 à travers les États-Unis a abouti à une vision très subjective et désenchantée des Américains. La galerie propose aussi un grand choix d’images de Harry Callahan, sobres, à l’esthétique recherchée (façades, paysages, nus et portraits de sa femme Eleanor), et, avec l’autorisation de PaceMcGill à New York, les créations de Lucas Samaras, artiste qui joue avec la couleur, le déplacement des formes, utilisant tous les genres (collages, vue multiple, nature morte, paysage, nu, autoportrait) pour obtenir un effet de peinture.
Galerie Hamilton, Carlos Place, Londres, tél. 44 171 499 94 93, jusqu’au 28 juin

"Les sculptures vraiment historiques de Judd sont difficiles à trouver", précise Gerard Faggionato à propos de l’exposition Donald Judd qu’il organise jusqu’au 30 août. Il a tout de même réussi à en réunir quelques-unes après son  récent voyage aux États-Unis et montre trois Progressions, des pièces en acier galvanisé des années 1967, 1968 et 1969, les années charnières de la maturité de l’artiste. La plus ancienne est peinte en bleu "Harley Davidson". En complément, sont présentés des dessins prêtés par la succession de l’artiste.
Faggionato Fine Arts, 49 Albemarie Street, Londres W1X, tél. 44 171 409 7979, 19 juin-30 août

MILAN

Raffaella Cortese présente une exposition de l’artiste new-yorkaise Roni Horn. L’Américaine a effectué plusieurs voyages en Islande, île qu’elle considère comme "une terre jeune et qui reste inchangée depuis l’origine". Le résultat de ces expéditions constitue une sorte de carnet intime, une encyclopédie mentale de son propre parcours d’exploration. Le travail de Roni Horn sur différents médias – la sculpture, la photographie, le dessin, l’écriture – est une autre illustration de la création artistique des années quatre-vingt-dix.
Raffaella Cortese, Via R. Farneti 10, 20129 Milan, tél. 39 22 04 35 55, jusqu’au 26 juillet

NEW YORK

Après l’installation Flies d’Ilya Kabakov, le mois dernier chez Barbara Gladstone, l’artiste russe propose, chez Guild Hall, une Reading room (salle de lecture), la reconstitution d’une bibliothèque provinciale dans une petite ville soviétique. Elle comprend deux séries de peintures qui n’ont jamais été montrées aux États-Unis, et dix collages connus sous le nom de Summer holidays (Vacances d’été), qui sont depuis une dizaine d’années dans une collection privée.
Guild Hall, 158 Main Street, East Hampton, New York, tél. 1 516 324 0806, 21 juin-27 juillet

PARIS

Richard Prince expose à Paris ses Cowboys and Girlfriends et ses Joke Series. Depuis les années soixante-dix, l’artiste américain s’approprie des photographies issues de la vie quotidienne, à l’exemple des filles coquines sur des motos ou des "cowboys Marlboro", symboles de notre imagerie contemporaine.
Espace d’art Yvonamor Palix, 13 rue Keller, 75011 Paris, tél. 01 48 06 36 70, jusqu’au 31 juillet

Richard Fauguet joue très librement avec les matières et les objets, ces derniers prenant souvent forme à partir d’assemblages d’autres éléments. Ainsi, différentes boules de verre collées entre elles donnent naissance à une chenille qui a pris place au centre de l’espace. Alors que des guerriers de science-fiction sont composés de fragiles saladiers de verre, les ombres de différentes œuvres du XXe siècle – matérialisées par des tapis de Vénilia – se détachent non sans humour sur un mur de la galerie.
Art : Concept, 34 rue Louise-Weiss, 75013 Paris, tél. 01 53 60 90 30, jusqu’au 19 juillet

Les deux galeries Air de Paris et Emmanuel Perrotin, voisines dans la rue Louise-Weiss, offrent une curieuse surprise : les œuvres qu’elles montrent sont en effet strictement identiques. Suivant un projet qu’il mûrit depuis trois ans, Maurizio Cattelan a cloné l’exposition de Carsten Höller chez Air de Paris. Outre la notion de l’appropriation de la création d’autrui, cet acte symbolique et ironique pose inévitablement la question de l’authenticité de l’œuvre d’art aujourd’hui.
Air de Paris, 32 rue Louise-Weiss, 75013 Paris, tél. 01 48 87 45 27, jusqu’au 19 juillet
Galerie Emmanuel Perrotin, 30 rue Louise-Weiss, 75013 Paris, tél. 01 40 27 85 57, jusqu’au 19 juillet

L’exposition d’Antonio Saura à la galerie Lelong réunit un ensemble de peintures qui, comme souvent dans son œuvre, ont pour iconographie des thèmes classiques de l’histoire de l’art : des Crucifixions, des autoportraits ou des femmes assises.
Galerie Lelong, 13 rue de Téhéran, 75008 Paris, tél. 01 45 63 13 19, jusqu’au 25 juillet

Yvon Lambert ouvre un nouvel espace, "Côté Rue", au 108 rue Vieille-du-Temple, et l’artiste français Pierre Bismuth inaugure le lieu avec trois œuvres s’appuyant sur des outils multimédias. Ainsi, Humming reproduit une conversation téléphonique en ne gardant que les expression sonores qui animent ce type de dialogue. Dans l’espace traditionnel de la galerie, Lawrence Weiner présente jusqu’au 26 juillet un sixième volume de la collection de bibliophilie lancée par Yvon Lambert en 1992.
Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris, tél. 01 42 71 09 33, jusqu’au 19 juillet

TOULOUSE

Urs Lüthi propose chez Sollertis, "Nature Morte", une exposition dont le titre est en lui-même tout un programme. Un crâne humain en fer forgé assailli par des animaux, comme un perroquet ou un lapin, donne le ton. Une autre pièce, composée de trente-deux images, met en lumière les différents thèmes qui traversent l’œuvre du Suisse : la ville, les autoportraits ou les verres brisés.
Galerie Sollertis, 12 rue des Régans, 31000 Toulouse, tél. 05 61 55 43 32, jusqu’au 5 juillet

ZURICH

Pour sa deuxième exposition chez Ars Futura, le jeune Japonais Yukinori Yanagi a créé une installation intitulée Wandering Position : l’artiste a marqué au crayon rouge les traces des mouvements d’une fourmi sur le sol en béton de la galerie. Il en résulte un dessin entremêlant de fines lignes vibrantes de couleurs. La performance a été enregistrée pour permettre aux visiteurs de découvrir la genèse de l’œuvre.
Galerie Ars Futura, Bleicherweg 45, 8002 Zurich, tél. 41 1 201 8810, jusqu’au 5 juillet

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°40 du 13 juin 1997, avec le titre suivant : Artistes et galeries à travers le monde (13 juin 1997)

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