Mercredi 28 octobre 2020

Artistes et galeries à travers le monde (13 avril 2001)

L’actualité de l’art contemporain

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 13 avril 2001 - 866 mots

ROME
C’est sous le titre « Naturellement » que l’œuvre du Romain Mario Schifano est actuellement présentée à la galerie Mascherino, à Rome. Une trentaine de ses pièces font écho à une nature colorée que Schifano travaillait à l’acrylique et au polystyrène, et passait au filtre de la télévision et de la photographie. Dans les années 1980, il exécute, en relief, des paysages fantastiques que peuplaient des chameaux, des dinosaures et des grenouilles en caoutchouc : autant de jouets ayant appartenu à son fils. Un grand format, réalisé en 1997 à l’occasion du tremblement de terre qui frappa Assise, clôt le parcours. Influençant toute une jeune génération d’artistes, son œuvre est désormais conservée au sein d’une fondation.

Galleria Mascherino, Via del Mascherino 24, Rome, tél. 39 06 68 80 38 20, jusqu’au 28 avril.


NANCY
Michel Dector et Michel Dupuy travaillent ensemble depuis longtemps ; ils collectent des indices, minuscules ou monumentaux, souvent dans les endroits où ils sont invités, pour élaborer leur travail. Des bouteilles de bières trouvées dans la rue et restaurées pour l’occasion, des fresques Art nouveau, des slogans collectés et classés se répondant les uns aux autres… Ces étranges créations sont autant de manières de s’interroger sur la notion du « décoratif » dans l’art.

Galerie Art Attitude Hervé Bize, 17-19 rue Gambetta, 54000 Nancy, tél. 03 83 30 17 31, jusqu’au 5 mai.


PARIS
Pour sa première exposition personnelle en France, Fiona Tan a choisi la galerie Michel Rein où elle expose quatre œuvres récentes – films et installations vidéo. En utilisant des supports liés à la notion de temps et à son déroulement, l’artiste fait participer physiquement le spectateur à sa propre expérience.

Galerie Michel Rein, 42 rue de Turenne, 75003 Paris, tél. 01 42 72 68 13, jusqu’au 12 mai.

Le devoir de l’artiste « n’est pas de créer quelque chose, mais d’offrir au spectateur un espace d’expérience et de contemplation », médite Kim In-Kyum. Plasticien et sculpteur, il travaille le bois et le métal en volumes découpés. Ses sculptures minimales, des carrés et rectangles pliés, montés de manière à former de longs murs, ont cependant pour but de faire communiquer différents espaces. Imaginées d’après les caractères alphabétiques coréens et réalisées grâce à la technique de la calligraphie, ainsi que par des coulées d’encre de Chine, les créations de Kim In-Kyum ressemblent à des hiéroglyphes ou des idéogrammes. Le fait que l’écriture coréenne puisse se lire dans les deux sens a sans doute influencé l’artiste dans sa manière de concevoir des œuvres à la fois horizontales et verticales.

Site Odéon°5, 5-7 place de l’Odéon, 75006 Paris, tél. 01 44 41 05 05, jusqu’au 26 mai.

En 1973, à Paris, dans le cadre de « 15 artistes américains », Denise René exposait les œuvres de Robert Indiana : des créations étranges aux axes orthogonaux abrupts, aux configurations géométriques de signes, lettres et chiffres criards imbriqués les uns dans les autres. Aujourd’hui, l’espace du Marais renouvelle l’expérience avec une sélection de sculptures, dont le fameux Love, des séries de chiffres et des peintures, parmi lesquelles figurent des travaux récents. Ainsi la série « Décade », réflexion sur dix années de vie écoulées. D’autres œuvres de l’artiste sont actuellement présentées au Centre Pompidou, à Paris, pour « Les années pop » et « Denise René l’intrépide, une galerie dans l’aventure de l’art abstrait, 1944-1947 ».

Galerie Denise René, 22 rue Charlot, 75003 Paris, tél. 01 42 22 73 94, jusqu’au 23 mai.


TRETS
L’espace de Barbara Farber/La Serre a sélectionné sept jeunes artistes flamands pour faire découvrir au public français les nouveaux langages de la jeune création belge. Berlinde De Bruyckere utilise des couvertures de laine pour construire ses sculptures et installations tandis que Johan Tahon reste fidèle à son matériau de prédilection, le plâtre, pour créer des personnages déclinant les mutations que peut subir la nature humaine. Peter De Cupere associe son monde d’objets et d’installations à des odeurs qui vont en prolonger la signification. Maryam Najd, quant à elle, reste attachée à ses racines iraniennes et, entre figuration et abstraction, dépeint des corps estompés par le voile. Enfin, Hans op De Beeck, Sergio De Beukelaer et Jan Van Imschoot développent chacun des idées déroutantes, pour le détournement de notre quotidien.

Galerie Barbara Farber / La Serre, Château Vallat, route de Sainte-Maxime, 13530 Trets, tél. 04 42 29 45 49, jusqu’au 30 juin.


VILLERBANNE
« Dans mon travail, la réalité spécifique de l’œuvre-peinture proposée introduit un fonctionnement qui dissout la notion exclusive et met en situation de réciprocité et de simultanéité deux topographies : ‘Ici et ailleurs maintenant’ […] Cette mécanique n’est pas un simple dispositif d’exposition. Elle est le fondement de la problématique de ce travail », explique A.Stella. Pour son exposition « Ici et ailleurs maintenant », l’artiste a choisi de présenter simultanément au Musée des Ursulines à Mâcon et à la galerie Georges Verney-Carron à Villeurbanne douze peintures complémentaires, soit six dans chaque lieu. Dans ses toiles monochromes blanches au format identique (160 x 120 cm), A.Stella construit un espace où le lisse et le relief s’affrontent. Le peintre accomplit un travail de combinaison, de construction, jouant avec l’épaisseur et la brillance.

Galerie Georges Verney-Carron, 99 cours Émile-Zola, 69100 Villeurbanne, tél. 04 72 69 08 20, jusqu’au 27 avril.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°125 du 13 avril 2001, avec le titre suivant : Artistes et galeries à travers le monde (13 avril 2001)

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