Art vivant

Le Palais de Tokyo mis sur orbite

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 septembre 2006

Résolument offensive, la programmation du Palais de Tokyo, insufflée par son nouveau directeur, démarre sur les chapeaux de roue. Expositions, rencontres… Prière d’attacher sa ceinture.

Il va falloir s’habituer au nouveau rythme du Palais de Tokyo, une arythmie doublée d’une hypertension avec des cycles d’expositions et d’événements tous azimuts. Des expositions collectives de trois mois et demi, dont deux pour commencer : « Cinq milliards d’années » et « Une seconde, une année ».
Ces deux expositions s’articuleront avec des propositions monographiques destinées aux alcôves pour six semaines chacune. Ce sera d’abord Zilvinas Kempinas, jeune Letton inconnu en France, et Renaud Auguste-Dormeuil, artiste français peu connu qui présente le très beau projet The day before. Parallèlement, chaque mois deux nouveaux modules seront habités par des jeunes artistes.

Le jeudi c’est Palais de Tokyo
Cap sur le prospectif donc avec ce changement de direction, l’institution va retrouver un rôle de tête chercheuse, d’expérimentation, de bouillonnement. Les deux premiers jeunes à essuyer les plâtres sont Fabien Giraud, encore à l’école de Cergy-Pontoise quand le directeur du Palais de Tokyo, Marc-Olivier Wahler, l’a rencontré, et Ghost Rider, un motard scandinave fou de vitesse.
Dorénavant, il se passera également toujours quelque chose le jeudi : des rencontres souvent inattendues, des croisements de genre et de compétences (il faudra s’attendre à parler à des motards comme à des pros de la physique quantique) et surtout, le Palais tiendra salon.
Si Wahler a des goûts bien affirmés en termes d’art, il ne ferme pas pour autant les portes de son lieu à cette jeune génération d’artistes qu’il sent arriver. Il a décidé de leur présenter un réseau de compétences, le premier jeudi du mois. Et même le standard téléphonique fera l’objet d’une « mise en œuvre », pour attendre en bonne intelligence !
Marc-Olivier Wahler prend les paris. Il tente, expérimente, il verra bien. Plus il sent de réticences, plus il accélère. Que l’on s’entende bien : la dimension festive et débridée de la programmation n’a rien de gratuit ou de farfelu. Bien ordonnée, elle fonde le raisonnement des expositions, propose des lectures, des interprétations, ose des visions. Comme si on passait de la photographie classique à une image en 3D, avec ces fameuses lunettes rouge et verte. Le démarrage est parfois un peu brutal mais après, ça change tout.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°583 du 1 septembre 2006, avec le titre suivant : Art vivant

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