Mercredi 20 novembre 2019

Japon

Art et samouraïs

La culture raffinée des samouraïs de Kanazawa au XVIe

Par Bérénice Geoffroy-Schneiter · Le Journal des Arts

Le 29 octobre 2013 - 369 mots

À l’évocation du mot « samouraï » surgissent spontanément des images flamboyantes de guerriers nippons arborant de splendides armures…

PARIS -  Si l’exposition de la Maison de la culture du Japon à Paris n’omet pas le caractère martial de ces grands seigneurs féodaux, elle souligne davantage le rôle actif que certains d’entre eux jouèrent dans l’épanouissement des arts et l’éclosion d’une esthétique particulière. Installé dans son fief de Kanazawa, en bordure de la mer du Japon, le clan Maeda encouragea ainsi, sur plusieurs générations, la pratique de la cérémonie du thé et du théâtre nô. Loin d’être anodines, ces disciplines artistiques éloignaient en fait de leurs activités guerrières ces encombrants rivaux du pouvoir en place, la puissante famille Togukawa. Mais ce qui pouvait, de prime abord, apparaître comme une « punition » (être dans l’obligation de troquer son sabre de samouraï contre un masque de nô !) se métamorphosa en éclatante revanche ! « S’appuyant sur le talent et l’énergie d’artisans spécialisés dans la fabrication d’objets usuels ou décoratifs, les Maeda vont bientôt jeter les fondements d’une culture des samouraïs très originale », résume ainsi Sawako Takeuchi, la Présidente de la Maison de la culture du Japon.

Une esthétique reposant sur l’harmonie
À contempler l’extraordinaire raffinement des pièces aimablement prêtées par leurs descendants, le doute n’est guère permis ! Des armures d’apparat, dont la sophistication des techniques et des matériaux leur confère le statut d’œuvre d’art, aux divers ustensiles transformant la cérémonie du thé en rituel théâtral savamment orchestré – dépouillé à souhait, un pavillon a été reconstitué pour l’occasion –, le visiteur découvre la quintessence de l’esthétique nipponne, faite d’harmonie, d’équilibre et de sobriété.

Plus flamboyants et fastueux apparaissent en revanche ces costumes et ces masques du théâtre nô. Puisant son origine dans les chants et les danses destinées à apaiser et réjouir les divinités shintô (kami), le nô se mua peu à peu en divertissement réservé aux membres de la noblesse guerrière en même temps qu’il devint un élément incontournable de la diplomatie. Il n’en demeure pas moins que ces masques lunaires de jeunes filles détachées des contingences terrestres, ou ces trognes de vieillards et de démons au sourire grimaçant hantent l’esprit du visiteur, bien au-delà de l’exposition…

Kanazawa, Aux sources d’une culture de samouraïs

jusqu’au 14 décembre, Maison de la culture du Japon à Paris, 101bis, quai Branly, 75015 Paris, tel 01 44 37 95 00. Ouvert mardi-samedi 12 h-19 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20 h. Catalogue, 136 p., 25 €.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°400 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : Art et samouraïs

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