Lundi 20 septembre 2021

Art ancien

Metz (57)

Arcimboldo, l’éternel influenceur

Centre Pompidou-Metz - Jusqu’au 22 novembre 2021

Par Isabelle Manca-Kunert · L'ŒIL

Le 24 août 2021 - 316 mots

METZ

Ses tableaux sont reconnaissables entre mille. À tel point que ses étranges têtes composées juxtaposant librement des fruits, des légumes, des fleurs ou encore des livres se sont hissées au rang de stars de la pop culture et ornent quantité de mugs et posters.

Pourtant, le phénomène Arcimboldo est extrêmement récent, car sa première exposition ne remonte qu’à 1987. Malgré cette longue disparition des radars, son aura auprès de ses pairs, elle, n’a en revanche jamais pâli. Depuis la fin du XVIe siècle, des générations d’artistes ont ainsi été fascinées par ce peintre inclassable et follement audacieux. De son vivant déjà, son succès incita d’autres artistes à s’approprier le répertoire inventif qu’il avait forgé. Parmi cette nuée d’arcimboldesques, certains s’en tirent d’ailleurs avec les honneurs, à l’instar de Zucchi et son portrait coquin à base de fruits d’été, ou du dessinateur Bracelli dont les gravures frappent par leur modernité. Sans oublier le sculpteur anonyme italien qui a transposé le principe du rébus plastique à la troisième dimension, donnant naissance à un improbable Gardien du jardin qui trône depuis des siècles dans un jardin privé. Plus surprenant, cette fascination pour le maître ne se cantonne pas à l’art ancien. Bien au contraire, puisque les artistes modernes et même contemporains ont également été captivés par cet imaginaire audacieux et ont vu en Arcimboldo l’inventeur de l’art conceptuel. Le Centre Pompidou-Metz retrace cette généalogie subjective à travers plus de deux cents œuvres, dont certains hommages totalement méconnus et réjouissants. On se délecte ainsi face aux filiations irrévérencieuses et insoupçonnées de Man Ray, De Chirico avec même Duchamp et son extravagant portrait en pâte d’amande ! Seul regret, cette exposition aurait gagné à être plus resserrée, car certaines filiations trop tirées par les cheveux donnent une impression de fourre-tout à la démonstration. À l’instar du crocodile de Cattelan, qui semble se demander ce qu’il fait accroché au plafond du musée.

« Face à Arcimboldo »,
Centre Pompidou-Metz, 1, parvis des Droits-de-l’homme, Metz (57), centrepompidou-metz.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°746 du 1 septembre 2021, avec le titre suivant : Arcimboldo, l’éternel influenceur

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