Samedi 29 février 2020

Saint-Rémy-de-Provence (13)

Antoine de Margerie, et la lumière fut

Musée Estrine jusqu’au 29 novembre 2015

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 23 septembre 2015 - 272 mots

En organisant la première rétrospective d’Antoine de Margerie (1941-2005), le Musée Estrine inaugure sa première exposition d’art abstrait.

Et le coup d’essai est assez réussi. Avec une cinquantaine de toiles et quelques gravures, l’exposition aborde la phase de son œuvre qui s’inscrit dans une abstraction géométrique stricte dominée par la courbe. Les formes amples engendrent des découpages rigoureux, les couleurs sourdes contrastées sont posées en aplats de manière parfaitement uniforme. Le choix des tons est étudié, les nuances subtilement accordées. La composition est disposée de manière frontale tandis que sa construction engendre des plans qui se superposent et donnent l’impression de se chevaucher comme un jeu de mikado. Cette succession de plans, comme les jeux de contrastes de couleurs, donnent l’illusion de la profondeur. Lorsque les courbes s’invitent au premier plan, elles donnent le sentiment de pousser les bords du tableau, créant ainsi des lignes de tension et des vibrations qui suggèrent le mouvement. Sur plusieurs toiles, des formes triangulaires apparaissent, qui ont pour conséquence d’organiser dans l’espace un jeu de diagonales, donnant à la ligne sa priorité et au tableau son orthogonalité. Dès les années 1980, dans ces réseaux de couleurs froides surgissent d’abord des éclats, puis des plans entiers de couleurs chaudes : jaunes, oranges, rouges, qui créent de puissants contrastes lumineux. Dans la dernière salle, le résultat de ses travaux prend une autre dimension : la palette s’est totalement illuminée, des pigments de couleur apparaissent comme projetés sur la toile en une myriade de touches vibrantes. Ces vibrations tonales déplacent le sujet sur la lumière qui progressivement inonde l’espace jusqu’à enflammer la toile. On pense à Bonnard, bien sûr, qu’il admirait.

« Antoine de Margerie : Les horizons sensibles », Musée Estrine, 8, rue Estrine, Saint-Rémy-de-Provence (13), tél. 04 90 92 34 72.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°683 du 1 octobre 2015, avec le titre suivant : Antoine de Margerie, et la lumière fut

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