Jeudi 12 décembre 2019

Amour, gloire et… coffres de mariage

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 23 janvier 2009 - 344 mots

En 1471, Lorenzo di Matteo Morelli, patricien florentin, épouse une riche fille de famille.

Plus tard, il commande une paire de luxueux coffres de mariage pour commémorer cet événement. Ces coffres sont aujourd’hui exposés à Londres. Les commissaires de l’exposition mettent cependant en garde les esprits trop romantiques en expliquant que la conception du mariage à la Renaissance était bien différente de celle nourrie à l’heure actuelle. Les familles unissaient leurs enfants pour conserver ou acquérir pouvoir et fortune. L’amour était «  un bonus  »    !
Ces coffres font aujourd’hui partie de la Courtauld Gallery et représentent l’un des plus importants exemples du mobilier de cette époque. Ils n’ont encore jamais été exposés en Angleterre. Les scènes de l’histoire romaine qui y ont été peintes sont une référence à la vertu prônée par la République patricienne. Aussi désignés par leur terme italien cassoni, les coffres servaient à ranger des objets précieux ou des vêtements et étaient parmi les meubles les plus richement décorés des palais florentins.
Un autre cassone est inspiré du Décaméron de Boccace. Durant la Renaissance, cet ouvrage traitant de l’amour sous ses différentes formes eut une importance considérable. À travers la description de l’amour charnel, l’amour malheureux, l’amour adultérin et l’amour courtois, l’auteur reflétait, avec une grande liberté, la naissance d’une nouvelle société bourgeoise. Ses écrits inspirèrent de nombreux artistes. D’autres tempera, ou huiles sur panneau, traitent de L’Enlèvement des Sabines (qui fut un prétexte au cours de l’histoire de l’art pour peindre des nus féminins), ou encore de La Rencontre du roi Salomon avec la reine de Saba. Considérée comme une vraie beauté, cette dernière était tour à tour décrite comme une femme sage et intelligente ou comme une dangereuse tentatrice. Cela démontre bien que ces tableaux et objets d’art, tout en étant matière à l’émerveillement du regard, suscitaient aussi une réflexion morale sur le couple et l’amour. Un thème au final intemporel…

« Love and Marriage in Renaissance Florence : The Courtauld Wedding Chests », The Courtauld Gallery, Somerset House, Londres (Grande-Bretagne), www.courtauld.ac.uk, du 12 février au 17 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°610 du 1 février 2009, avec le titre suivant : Amour, gloire et… coffres de mariage

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